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La communauté internationale s'intéresse à la justice transitionnelle en RDC

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MONUC - 28 septembre 2007 13:17

Roberto Garreton, consultant du Centre International pour la Justice Transitionnelle et ex-fonctionnaire des Nations Unies est à Kinshasa pour évaluer la possibilité d'établir une Commission Vérité et Réconciliation en République Démocratique du Congo, après les années de guerre. Cette commission devrait faire la lumière sur les responsables des atrocités liées à la guerre.

Roberto Garreton, consultant du Centre International pour la Justice Transitionnelle et ex-fonctionnaire des Nations Unies est à Kinshasa pour évaluer la possibilité d’établir une Commission Vérité et Réconciliation en République Démocratique du Congo, après les années de guerre. Cette commission devrait faire la lumière sur les responsables des atrocités liées à la guerre.

Entretien

Quel est l’objet de votre visite en RDC?

Je viens en tant que consultant du Centre Internationale pour la Justice Transitionnelle, qui est une ONG internationale qui essaye d’aider la justice dans les pays en situation de post conflit, ou d’après guerre. Ce que nous sommes en train de faire, c’est de mettre en place des structures de justice transitionnelle, en collaboration avec la société congolaise et le gouvernement.

Ici, en RDC, nous voulons d’abord voir s’il y a une vraie volonté dans le peuple congolais pour établir une commission vérité et réconciliation, qui est l’un des piliers de la justice transitionnelle et pour soutenir la reforme du système judiciaire. Nous comptons aussi donner une réparation aux victimes.

Cela ressemble à une tache titanique?

C’est vrai que c’est une tache titanique. Nous parlons de 1965 jusqu’à aujourd’hui. Cela dit, le délai est énorme, le pays est énorme, les victimes sont des millions (morts et disparus), mais il faut le faire, les gens ont besoin de connaître la vérité et d’avoir des réparations pour les dégâts subits.

Il y a eu déjà une commission de réconciliation durant la transition mais elle n’a pas fonctionné parce qu’elle ne respectait pas certains standards internationaux. Pour être une commission de vérité et réconciliation, il faut avoir un fort soutien de la société civile.

Qui doit faire partie de la commission? Des personnalités reconnues pour leur solidité morale, ce sont des leaders religieux, des intellectuels, des écrivains, des musiciens, des philosophes, des avocats, des journalistes.

Il faut que les gens puissent déposer leurs plaintes en toute confiance. Ici on a déposé seulement une plainte! Cela veut dire qu’il n’y a pas eu une grande confiance. Il faut donner des moyens.

Qui pourrait financer cette commission?

Il faut que le gouvernement le fasse parce que cela fait partie de ses obligations. Si l’Etat et les dirigeants de l’Etat conçoivent la fonction publique comme un service à la population et cette population demande la vérité et la justice, c’est une obligation de le faire.

Pour cela, la population doit appuyer l’établissement de cette institution. On trouvera aussi le soutien de la communauté internationale.

Oui c’est cher, mais tous les services publics sont chers, le Parlement est cher, la Présidence de la République est chère, la Justice est chère, la Direction des impôts est chère, alors pourquoi soulever la question des ressources uniquement pour les droits de l’Homme?

Est-ce que ce n’est pas trop tôt pour établir une commission pareille? Les plaies de la guerre sont encore ouvertes.

On fait appel à la bonne foi. Pourquoi? Parce que si ce n’est pas le moment, quand est ce qu’on peut le faire?

Il faut être attentif, si ce n’est pas le temps, le temps n’arrive jamais. On ne peut pas retarder jusqu’à l’infini une décision de cette importance.

Est-ce que le gouvernement est prêt à collaborer?

Personne ne nous a dit le contraire. La chose la plus importante c’est qu’il y ait un engagement politique pour le faire, un engagement fort, une volonté forte.

Comment trouvez-vous le développement du système judiciaire en RDC?

C’est une chose à laquelle je me suis beaucoup intéressé quand j’étais rapporteur pour la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies entre 1994 et 2001.

Je crois que les recommandations faites à cette époque sont encore valables. Il faut renforcer la capacité du pouvoir judiciaire. Il y a le sentiment dans la population que la justice ne marche pas, il y a un manque de confiance et ça c’est une chose très grave.

S’il n’y a pas de justice, il n’y aura pas de justice transitionnelle, on ne pourra pas juger les responsables des crimes de guerre et donner des réparations aux victimes.

On devrait avoir un Conseil Supérieur de la Magistrature qui ne doit pas être composé seulement par des juges mais aussi par tous ceux qui sont concernés par la justice, par exemple, les doyens des écoles de droit, les présidents des barreaux, des juges et d’autres autorités.




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