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E.C.: Les cadres institutionnels sont bons, ce qui reste à faire c'est de les mettre en oeuvre

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MONUC - 16 novembre 2007

Après 5 ans à la tête de la Délégation de la Commission européenne (CE) en République démocratique du Congo (RDC), le mandat du Chef de la CE, Carlo de Filippi, prendra fin cette semaine. A cette occasion, l'Ambassadeur Filippi nous a dressé le bilan de ses activités ainsi que de sa contribution à la tenue des élections et son soutien aux institutions de la transition.

Après 5 ans à la tête de la Délégation de la Commission européenne (CE) en République démocratique du Congo (RDC), le mandat du Chef de la CE, Carlo de Filippi, prendra fin cette semaine. A cette occasion, l’Ambassadeur Filippi nous a dressé le bilan de ses activités ainsi que de sa contribution à la tenue des élections et son soutien aux institutions de la transition.

ENTRETIEN

Quel est le rôle de la Commission Européenne en RDC?

La Commission Européenne, c’est l’institution qui au sein de l’Union Européenne est en charge de l’Exécutif. En relation avec la présidence de l’Union Européenne, elle assure la mise en œuvre de la politique extérieure de sécurité commune.

Notre mobilisation de fonds a permis aussi de mobiliser les fonds de nos états membres.

En RDC, après avoir participé activement à la signature de l’Accord Global Inclusif, la Commission Européenne a contribué à leur suivi et soutenu avec l’Union Européenne la transition démocratique en RDC. Nous avons également participé activement au Comité International d’Accompagnent à la Transition (CIAT) qui était l’une des institutions de la transition composée de pays étrangers.

Tout ceci a fait que la position de l’Union Européenne avec la contribution de la Commission Européenne s’est renforcée pendant cette période.

Parallèlement à ça, nous avons joué un rôle de gestion d’aide de l’Union Européenne qui a été porté en support de la RDC.

Durant les élections, le rôle de la Commission Européenne était double: D’abord sur le plan politique pour un suivi étroit de la situation, ensuite avoir les réponses adaptées à toute situation difficile que ce soit sur le plan politique ou sur le plan financier.

Sur ce plan, nous étions le bras financier d’une politique internationale qui avait la volonté d’aider ce pays à sortir. Nous avons pu mobiliser sur notre propre ressource 160 millions d’Euros qui aujourd’hui représente 250 millions de dollars, donc la moitié de tout le budget qui a été mis sur les élections qui soit par des intervenants internationaux que sur le budget national. Je crois que c’était un grand souci.

Il faut savoir que notre mobilisation de fonds a permis aussi de mobiliser les fonds de nos états membres qui ont financé aussi en grande partie ces élections.

En plus, je voulais le signaler ici devant l’expression disons médiatique du monde onusien. On a pu réaliser tout ceci parce qu’on a travaillé en étroite coordination avec les Nations Unies et les agences des Nations Unies. On jouait le jeu jusqu’au fond pour pouvoir mettre en œuvre ses fonds avec une rapidité qui était inégalée jusqu’aujourd’hui parce qu’on a respecté tous les délais qui ont été fixés.

Quel genre de partenariat vous avez avec la MONUC et les autres agences onusiennes?

Dès que l’Union Européenne a voulu bien mettre à disposition de la RDC pour d’abord la réalisation des objectifs de la transition démocratique et ensuite celles des élections et maintenant ce qui sont définis dans le cadre du gouvernement issu des élections, nous avons géré les fonds de l’Union Européenne mais on l’a fait dans le cadre de la mise en œuvre en collaborant d’une façon très étroite à tel point qu’on a confié la mise en œuvre à plusieurs actions onusiennes. Naturellement, la première de celles ci, c’est le PNUD mais on a travaillé aussi avec l’UNOPS et avec d’autres agences comme le FAO pour la mise en œuvre de programmes d’appui à l’agriculture.

Avec la MONUC en particulier, on a travaillé en étroite collaboration pour la réussite de la transition dans le cadre du CIAT et du suivi politique de cette transition ensemble avec la présidence de l’Union Européenne comme j’ai dit, représentant de la politique extérieure de sécurité commune de l’Union européenne. 

Quel est le bilan de votre travail en RDC?

Le bilan est globalement positif. Je suis très satisfait et heureux d’avoir pu participer à la réalisation des objectifs qui étaient définis dans le cadre d’un accord de paix global et inclusif qui a été signé après mon arrivé ici en RDC au mois d’octobre 2002 il y a cinq ans. Les accords ont été signés en décembre, confirmés par Sun City en avril 2003.

A partir de là où le pays était divisé, aujourd’hui on a un pays qui ne l’est plus qui a des institutions démocratiques, donc un état de droit de base qui permettra à ce pays et nous le souhaitons, d’atteindre les objectifs qui sont fixés dans le programme du gouvernement.

Je dois signaler que j’étais particulièrement touché dans mon travail par la disponibilité qu’il y a eu pendant toute cette période aussi bien du côté Congolais, autorités et populations que de toute la communauté internationale avec laquelle on a travaillé d’une façon étroite et particulièrement efficace par rapport aux habitudes que j’ai connu personnellement dans d’autres situations.

Je crois donc que c’était aussi un gage de succès de ce qu’on a fait maintenant. Il faudra le confirmer pour le futur

Quelle est la différence majeure entre la situation politique lorsque vous êtes arrivés en RDC et celle de maintenant?

Je dirais qu’il y a actuellement un sens plus grand de l’unité nationale. Naturellement, je suis arrivé dans un pays divisé. On voyageait à Goma, on avait un autre drapeau, on avait d’autres dirigeants, on avait un autre pays qui collectait les taxes et qui faisait la loi.

Maintenant, la Constitution de la RDC, votée massivement par la population en décembre 2005, et entrée en vigueur l’année dernière au mois de février couvre, tous le pays. C’est ça la grande différence.
Je dirais qu'il y a actuellement un sens plus grand de l'unité nationale.

Il faut savoir que les lois dans ce pays et les cadres institutionnels sont bons ce qui reste à faire et qu’il faut faire, c’est mettre en œuvre ces cadres.

Je pense que le monde onusien, l’Union européen et le reste de la communauté internationale doivent travailler sur le plan bilatéral pour faire en sorte que ce qu’on a construit puisse aller dans la direction des populations qui attendent beaucoup.

Qu'est-ce que la Commission européenne a fait pour améliorer la situation humanitaire en RDC?

La Commission Européenne a deux grandes politiques extérieures en terme d’aide. On a des cadres de coopération qui sont pour les pays d’Afrique et Caraïbes Pacifique CELOME, et aussi l’aide humanitaire qui est gérée par l’Office d’aide humanitaire de la Commission Européenne (EHCO). EHCO, ici dans nos locaux gère un budget annuel en RDC qui approche le 40 million d’euros et ceci depuis plusieurs années.

Malheureusement, ce pays a connu 10 ans de guerre, et les conflits laissent des signes profonds, donc nous estimons qu’il y a un besoin d’assister encore certaines populations. La situation particulière qu’il y a à l’Est, tous ces déplacés en ce moment font en sorte que le budget de l’Union Européenne en terme d’aide humanitaire reste très élevé autant élevé que l’aide structurelle. Disons, l’aide structurelle maintenant prend une allure beaucoup plus importante parce qu’on va arriver à peut être plus que 100 millions par an mais là on a 40 millions d’euros en terme de l’humanitaire et qui est concentré malheureusement encore et exclusivement sur la partie Est du pays.

Dans un pays où la plupart des gens vivent avec à peine $1 par jour, qu’est ce que la Commission Européenne peut faire pour améliorer l'économie de sorte que les Congolais aient une vie meilleure?

Tout d’abord on a fait beaucoup tout au long des années passées. J’aimerais le faire depuis 2002 quand on a repris la coopération structurale dans ce pays, mais on avait travaillé même pendant les 10 ans de suspension et pendant la guerre avec de l’aide d’urgence qui a visé exclusivement les populations à travers des actions d’ONG et/ou à travers les Nations Unies. Depuis 2002, on s’est attaqué sur deux grands fronts, le premier, c’est celui de l’état de droit: élections, justice, réforme du secteur de sécurité auquel nous participons ensemble avec la MONUC et la bonne gouvernance.

De l’autre coté, on cherche à contribuer à l’amélioration de la gestion des ressources, aussi bien en terme de recette que de dépenses. On est sur les deux cotés avec nos actions.

Naturellement, on peut pas s’arrêter là parce que ça c’est du structurel, mais il faut faire des actions aussi structurel mais qui visent directement la population et donc nous avons un grand programme santé qui vise le refondement et la reconstruction du système de santé publique en RDC. Pourquoi la reforme du système de santé ? Parce que comme on l’a dit avec l’aide humanitaire, les personnes sont largement dépendantes. Il faudrait maintenant passer à un système qui permettra la viabilité de ce système, si non le système ne pourra pas soutenir l’impact avec la croissance de la population et avec les besoins qui seront de plus en plus accrus.

Nous, on s’attaque à cela, on touche directement les populations donc finalement on cherche à améliorer les conditions économiques. Quand on a un soin de santé meilleur à des coûts raisonnables, ça améliore les conditions économiques.

L’autre secteur auquel nous ne nous attaquons pas mais auquel nous contribuons avec le produit structurel à la meilleure science, c’est le secteur d’éducation. Ici, il y a un besoin énorme à l’éducation, donc nous sommes dans les dialogues politiques avec le gouvernement pour faire en sorte que des fonds conséquents aussi bien des bailleurs que des ressources nationales puissent être consacrés à ce secteur qui est à la base de la reconstruction d’un nouveau pays.

Quels sont les nouveaux défis pour la Commission européenne concernant la situation au Congo?

Comme d’habitude, ici il y a deux grands défis. Il y a un défi politique, celui d’être là ensemble avec nos états membres, la présidence et l’Union l’Européenne actuellement le Portugal après ce sera la France tout au long de l’année 2008 pour faire en sorte que les problèmes politiques graves qui restent à résoudre soient résolus de façon constructive. Je me réfère à l’Est où on a salué la semaine dernière la signature d’un accord entre les deux pays en marge de la réunion ministérielle de la conférence de Grands Lacs.

Maintenant, il faut mettre en œuvre ce qui a été signé. Comme d’habitude, on a de bons papiers, de bons accords, mais il faut qu’il soit mis en œuvre. Pour le mettre en œuvre, il y a un rôle. Un rôle pour la Communauté internationale et je pense qu’il y a un rôle aussi bien pour l’Union Européenne que pour la Commission.

Je peux dire fort au pays, aux autorités que l’Union Européenne et la communauté internationale seront prêts à les aider pour la mise en œuvre de ce qui a été signé ces jours ci pour la solution du problème de ex-FAR/Interhamwe par exemple.

De quoi la RDC a besoin pour maintenir et renforcer la démocratie?

La démocratie est un acquis qui est de long terme. Avoir fait des élections libres transparentes, c’est une première phase importante. Les institutions sont là, il faut qu’elles travaillent pour répondre aux besoins du pays et aux attentes des populations. Je pense que c’est de cela qu’ils ont besoin.

Justement, avec toute la modestie qui doit nous caractériser comme communauté internationale, nous sommes là pour accompagner cet effort pour arriver à faire en sorte que les institutions répondent aux attentes des populations. Et quelles sont ces attentes? Quand quelqu’un a $1 par jour et il cesse d’avoir les moyens pour pouvoir faire élever les enfants, les faire étudier, et faire en sorte qu’ils aient un monde meilleur demain.
On parle toujours de l'Est, c’est vrai c'est un problème, mais il y a un pays entier ici qui a besoin de décoller.

Ce sont des attentes naturelles de tout le monde. C’est ce qui a été fait dans tous les pays qui ont fait leur preuve de développement. Donc, nous sommes là pour le faire.

Maintenant, les dialogues permanents avec les pays doivent permettre de mieux adapter nos ressources à leurs besoins.

Avez-vous un message à lancer aux autorités congolaises?

Je ne veux pas avoir la prétention de donner des messages aux autorités du pays, mais plutôt un mot de salutation et d’espoir.

Personnellement, je suis toujours très réaliste et plutôt optimiste. Mais, je crois que le réalisme ne peut pas se passer de tenir compte justement de la réalité que nous vivons aujourd’hui. On parle toujours de l’Est, c’est vrai c’est un problème, mais il y a un pays entier ici qui a besoin de décoller. Donc, les attentes sont énormes. Le temps qui a coulé depuis la mise en œuvre des instituions n’est pas grand mais cela fait bientôt un an. Donc, il faut penser qu’il faut transposer en réalité les programmes. Moi, je souhaite que ça soit fait rapidement. Je ne peux pas dire autre chose que ça vue que nous sommes engagés à pouvoir aider le gouvernement. Moi, le message que je lance c’est celui là.

Je souhaite tout le meilleur pour que ceci puisse être réalisé dans les cadres institutionnels que s’est fixé le gouvernement de ce pays.

Nous serons là et on le sera dans les prochains jours même aux groupes consultatifs qui se tiendra à Paris où on va confirmer les supports mais dans un dialogue qui devra être forcement ouvert et constructif avec les pays en parlant de tous les termes qui sont fondamentaux pour le développement et pour l’amélioration des conditions de vie des populations congolaises.




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