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La lutte contre le SIDA en RDC : faire le point du projet multisectoriel

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The World Bank Group - 18 décembre 2007

Les chiffres sont parlants : une personne adulte sur 25 vit avec le VIH. Une femme enceinte sur 25 vit avec le VIH. Environ 20 personnes sont contaminées par heure. Environ 300 personnes meurent chaque jour à cause du VIH/SIDA. Au niveau des connaissances et des comportements, le tableau peint n'est pas reluisant non plus. Selon le Behavior Surveillance Survey(BSS) 2004-2006, près de 75% des jeunes Congolais n'ont pas un niveau de connaissance satisfaisant sur les moyens de prévention du VIH. Militant de la lutte contre le VIH/SIDA en RDC depuis sa genèse dans les années 80, Jean Lambert MANDJO a intégré le Programme national multisectoriel de lutte contre le SIDA (PNMLS ou MAP en anglais) en 2004 comme Coordonnateur national adjoint. Ce biologiste avec une maîtrise en santé publique, assure actuellement l'intérim du Coordonnateur national. Cette agence s'occupe depuis plus de 26 mois de l'exécution du Projet MAP financé par la Banque mondiale à hauteur de 102 millions de dollars. Jean Lambert fait le point sur la situation épidémiologique de la RDC, les réalisations, les difficultés rencontrées, les défis, le partenariat avec la Banque mondiale et les perspectives d'avenir.

Le 12 décembre 2007— Jean Lambert Mandjo insiste sur la prise de conscience et l'implication de tous dans la lutte contre le VIH/SIDA car l'épidémie continue à prendre de l'ampleur dans le pays. La dernière enquête de sérosurveillance auprès des femmes enceintes menée en 2006 avec l'appui du projet indique un taux moyen d'infection au VIH de 4,1%. Dans le rapport de cette enquête, on peut voir que des sites en milieu rural présentent des taux d'infection plus élevés (cas de Lodja et Neisu avec respectivement 6,9% et 5,8%). On trouve également des taux d'infection très élevés dans certains centres urbains tel que Kisangani (5,7%) et Lubumbashi (5,4%) où les jeunes de 15 à 19 ans sont presque autant infectés que les adultes. Par ailleurs, M. Mandjo fait remarquer que les femmes représentent généralement des taux d'infection plus élevés que les hommes. En d'autres termes, dit-il, l'épidémie en RDC, se « juvénilise », se ruralise et se féminise.

300 personnes meurent chaque jour, victimes du VIH/SIDA

Les chiffres sont parlants : une personne adulte sur 25 vit avec le VIH. Une femme enceinte sur 25 vit avec le VIH. Environ 20 personnes sont contaminées par heure. Environ 300 personnes meurent chaque jour à cause du VIH/SIDA. Au niveau des connaissances et des comportements, le tableau peint n'est pas reluisant non plus. Selon le Behavior Surveillance Survey(BSS) 2004-2006, près de 75% des jeunes Congolais n'ont pas un niveau de connaissance satisfaisant sur les moyens de prévention du VIH.

En matière de services de prévention, de traitement et de soins, beaucoup reste encore à faire. Moins de 10% des 1.230.000 de personnes ayant besoin d'un traitement antirétroviral (ARV) y ont accès. À peine 3 femmes enceintes contaminées sur cent bénéficient des services complets de prévention de la transmission mère et enfant. Seuls 2 % de la population âgée de 15 ans et plus ont connu leur statut sur le VIH après un test volontaire. Six professionnelles du sexe sur 10 ont utilisé un préservatif avec leur dernier client. Autant de raisons, soutient Jean Lambert Mandjo, pour que tout le monde s'implique dans la lutte pour renforcer la prévention du VIH/SIDA.

Selon M. Mandjo, le projet MAP évolue de façon satisfaisante. Il a pour mission de contribuer à la mise en œuvre du Plan stratégique national de lutte contre le SIDA. Il devait donc appuyer la mise en place d'un programme multisectoriel et des activités de prévention, de prise en charge et d'atténuation d'impact du SIDA dans la population congolaise. Le démarrage effectif des activités est une réalité dans toutes les provinces du pays. Onze coordinations provinciales et neuf coordinations locales dans les districts (Bunia, Isiro, Lodja, Uvira, Kalemie, Buta, Yangambi, Kolwezi, Gemena) ont été installées. À titre indicatif, à la fin septembre 2007, un montant total de 34.154.027 de dollars a déjà été décaissé. Cela a permis au projet d'atteindre ces principaux résultats :

14.549.450 préservatifs distribués ;

16.089 poches de sang sécurisées ;

52.036 cas d'infections sexuellement transmissibles(IST ) diagnostiqués ;

44.239 personnes ont utilisé les services de centres de dépistage volontaire ;(CDV) ;

10.424 orphelins et enfants vulnérables pris en charge pour leur scolarisation; et

4.776 personnes traitées par les ARV.

Le projet a également contribué à l'élaboration de modules de formation des élèves du primaire et du secondaire sur le VIH/SIDA en milieu scolaire. Avec l'appui du projet, onze ministères/secteurs ont pu élaborer des plans sectoriels de lutte contre le SIDA, qui a aussi été inscrite dans la convention collective interprofessionnelle nationale de travail pour soutenir la lutte en milieu du travail.

Un partenariat fructueux avec la Banque

Le Coordonnateur national a.i. du PNMLS est satisfait du partenariat avec la Banque mondiale qui apporte un appui substantiel à la RDC au plan technique et financier. « La collaboration se passe bien. La Banque a associé les gestionnaires du projet MAP aux différentes activités de renforcement des capacités. Cela se fait notamment dans le domaine de la passation des marchés et des échanges sur la mise en œuvre du projet ». Jean Lambert Mandjo se félicite de la disponibilité et la réceptivité rencontrées par ses services auprès de la mission résidente de la Banque mondiale et du responsable du projet à Kinshasa.

Les défis à relever sont nombreux et ne concernent pas seulement le projet MAP mais l'ensemble des partenaires de la lutte contre le SIDA dans le pays. Parmi ces défis, on peut noter : la nécessité d'harmoniser les procédures entre les différentes sources de financement ; le passage à l'échelle des activités, notamment l'augmentation du nombre de personnes sous traitement aux antirétroviraux, et de la couverture en sang sécurisé pour la transfusion sanguine ; et l'élargissement des services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME). L'élaboration de nouvelles stratégies nationales de lutte contre le SIDA basées sur des données exactes constitue un défi que le projet entend relever en partenariat avec tous les autres acteurs.

Des problèmes logistiques importants subsistent dans le pays et ne permettent pas une mise en œuvre harmonieuse des activités. À titre d'exemple, pour acheminer les fonds dans l'arrière-pays où le circuit bancaire n'existe pas, il a fallu faire preuve d'imagination en recourant notamment à l'Agence catholique Caritas.

Prochaines étapes

Pour l'année 2008, un plan d'action annuel est en cours d'élaboration. Ce plan se base sur la feuille de route que le pays a conçue pour l'accès universel à la prévention, aux soins et traitement relatif au VIH et au SIDA pour la période 2006–2010. « Ce plan prévoit, entre autres, l'intégration d'un paquet minimum d'activités SIDA dans plus de 200 zones de santé appuyées par les Projets PARSS et PMURR financés par la Banque mondiale. Ceci permettra de booster les résultats attendus dans le domaine de conseil et dépistage volontaire (CDV) et de la (PTME), de la sécurité transfusionnelle, de la prise en charge médicale des infections opportunistes et aux antirétroviraux » précise Jean Lambert Mandjo .

L'année 2008 sera une année qui permettra au projet d'intensifier les activités de communication à tous les niveaux y compris le niveau communautaire. Il est aussi important pour le PNMLS d'envisager déjà comment mobiliser de nouvelles ressources pour poursuivre les activités que le projet a démarré et ainsi permettre au pays de garantir une riposte appropriée à l'épidémie du SIDA.

Didier Munsala, journaliste en collaboration avec le PNMLS et Louise Engulu Mekonda, Chargée de communication (Banque mondiale)




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