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Casques bleus accusés de trafic d'armes: Ce sont encore des spéculations (Alan Doss)

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Radio Okapi - 29 avril 2008

Alan Doss
Certains militaires pakistanais et indiens de la MONUC ont été accusés en 2004 et 2005 d’avoir vendu des armes contre de l'or aux miliciens de l'Ituri. L’ONU avait même initié une enquête en 2007. Dans un documentaire diffusé le 28 avril 2008 par la BBC, la radio britannique dit avoir de nouvelles preuves de l’implication de ces Casques bleus. Quelles ont été les conclusions de l’ONU dans ces accusations? Alan Doss, patron de la MONUC, répond à cette question dans cette interview accordée à radiookapi.net

ENTRETIEN


La BBC a fait son enquête qui a confirmé que certains Casques bleus ont vendu des armes aux miliciens. Quelle est votre réaction d’abord?

Bon, je pense qu’il ne faut pas dire que la BBC a confirmé. Ce que la BBC a dit, c’est qu’il y a eu des allégations. Et, à leur avis, cela indique qu’il y a eu des ventes d’armes.
Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a eu des enquêtes indépendantes au moment de ces allégations, qui ne sont pas nouvelles d’ailleurs. Ça remonte à deux ou trois ans. Ces enquêtes ne confirment pas qu’il y a eu un trafic d’armes. Au contraire elles disent que c’était des rumeurs. Nous n’avons pas eu des preuves que ce trafic d’armes a eu lieu.

Alors, où en sont les enquêtes menées par l’ONU elle-même?

Les enquêtes ont été terminées il y a quelques temps. Tout ça remonte à 2006 – 2007. Donc, ces enquêtes, avec les recommandations et les résultats, ont été remises aux Nations Unies et au pays concerné. Donc, chaque fois qu’il y a effectivement eu un mauvais comportement, ou des allégations, on lance des enquêtes. Et le cas échéant, on prend des mesures disciplinaires.

Le grand problème qu’a soulevé BBC, c’est la crédibilité des enquêtes; quel est votre avis sur cela?

Oui, mais chaque fois qu’il y a une enquête et que les résultats ne se conforment pas aux attentes, on va jeter un doute sur ces enquêtes. Tout ce que je peux dire, c’est que ces enquêtes sont indépendantes. Elles ne relèvent pas, par exemple, du Représentant spécial, ni du département du maintien de la paix au siège. Donc, les enquêtes ont été faites par des enquêteurs professionnels.

S’il y a de nouvelles allégations ou de nouvelles preuves, nous les attendons. Mais il faut aussi être prudent là-dessus parce qu’il y a beaucoup de rumeurs, beaucoup de spéculations et beaucoup d’allégations qui viennent parfois des sources qui ne sont pas elles mêmes très crédibles, notamment des gens qui sont recherchés pour des crimes, et même des criminels.

Tous les groupes nous accusent d’être partisans. Donc, je pense qu’ont doit faire attention à des rumeurs, allégations ou spéculations. Si elles sont crédibles, s’il y a un élément de crédibilité, on lance tout de suite des enquêtes. Et, comme je disais, ça ne relève pas de moi. Ce n’est pas ma décision.

M. Alan Doss, est-ce que vous savez si, au niveau de l’ONU, on peut accepter de confronter les preuves données par la BBC?

Mais ce ne sont pas des preuves. Ce sont encore des allégations qui ne sont pas nouvelles. Je dis que ça remonte à deux ou trois ans. Ils ont des interviews avec certains individus qui, eux-mêmes, sont en prison pour des crimes de guerre d’ailleurs. Donc, chaque fois il y a ces spéculations. Mais s’il y a quelque chose de vraiment nouveau, bien sûr qu’on va regarder et enquêter.

Il nous est difficile de rouvrir continuellement sur des spéculations. Et demain, quelqu’un peut dire quelque chose. Mais chaque fois, on essaie quand même d’être rigoureux.

Mais, ce n’est pas moi qui contrôle l’enquête. Ce sont des enquêtes qui sont lancées par une unité totalement indépendante de la chaîne de commandement de la MONUC.

Et en cas de culpabilité prouvée, comment sont sanctionnés les militaires?

Ça dépend de ce dont il s’agit, si c’est un crime ou simplement une malfaisance. Je sais qu’il y a des cas, parce que j’étais dans une mission où c’était effectivement ce qui se passait, où les gens on été jugés localement par leur hiérarchie militaire. Ils ont ensuite été renvoyés dans leurs pays. Et ils sont en prison aujourd’hui. Mais dans le système actuel, la justice militaire est de la responsabilité du pays concerné.

Dans ce que la BBC a publié, est-ce que vous n’avez pas l’impression que c’est la crédibilité de la MONUC qui y est un peu tâchée?

Chaque fois qu’il y a des allégations, ça porte préjudice à la réputation de la mission, c’est presque inévitable. Tout mission, partout dans le monde, est toujours vulnérable à ce genre d’allégations. Et d’ailleurs, il est clair qu’avec une grande mission, dans un pays aussi large et complexe, on doit s’attendre que parfois il y ait des cas de mauvis comportements.

Ce qui est important, c’est que chaque fois que nous recevons des allégations qui ont un certain niveau de crédibilité, on lance les enquêtes. Par la suite, si ces allégations sont acceptées comme crédibles et qu’il y a un certain niveau de preuve, à ce moment là, nous allons prendre des actions. On l’a fait, et on le fera.




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