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L'opposition déjà en guerre des tranchées après l'arrestation de Jean-Pierre Bemba

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Uhuru - 27 mai 2008

L'élimination désormais du leader du Mlc de la course à la fonction de porte-parole de l'opposition à la suite de son arrestation par la CPI relance la rageuse et désordonnée bousculade des prétendants de tous les horizons de cette position pour occuper le très convoité poste. L'ancien vice-président Jean Pierre Bemba ne sera certainement pas le futur porte-parole de l'opposi­tion politique selon les pré­visions de ses partisans. C'est, en tout cas, la con­viction qui découle de son arrestation le week- end dernier à Bruxelles par la Cour pénale internationale de justice (CPI).

Mais, le Mlc et alliés est loin d'ava­ler cette dure réalité et continue, malgré tout, à soutenir la candidature de leur mentor, faisant fi de son incarcération. Pour François Mwamba, en con­certation avec les autres membres du Comité natio­nal du Mlc, quelques heu­res seulement après l'an­nonce de la nouvelle, la CPI doit relâcher JP Bemba pour n'avoir pas respecté la procédure juridique en la matière.

Au détour d'une déclaration politique laconique il a dénoncé la politisation de la CPI tout en réi­térant à l'ex-vice-président, le sou­tien du Mlc et alliés l'air grave, le secrétaire général du Mlc autant que les autres cadres du Parti, avaient encaissé le coup. Cette sortie médiatique avait tout l'air d'un faîtage destiné à sauver les apparences. Car, il fallait adminis­trer la preuve que le Mlc tenait encore le bon bout et qu'il pouvait, à tout moment récupérer la situa­tion qui est loin d'être perdu.

Ailleurs, cette déclaration revêtait bien les accents funestes d'un Parti politique aux abois, décapité au mauvais moment. Les ténors du Mlc croyaient-ils eux-­mêmes à l'éventualité d'un relâ­chement rapide de leur leader par la CPI ?

Certainement pas. Car, faut-il le dire, la procédure judiciaire au niveau de la Cour pénale internationale est très complexe et lourde. L'audition préliminaire en guise d'instruction peut prendre des semaines entières, voire des mois à l'image des ajournements récurrents du procès Thomas Lubanga.

Une procédure longue et complexe

De la présentation de JP Bemba au juge belge à son extra­dition à la Haye, on peut facilement mettre deux semaines sans comp­ter tous les méandres juridiques préliminaires qui entourent l'ouver­ture d'un tel procès. Au lendemain de son arrestation JP Bemba a été présenté dimanche après-midi à un juge d'instruction qui l'a placé formellement sous mandat d'ar­rêt ».

Ce qui signifie en droit belge, le maintenir en prison, a indiqué à l'AFP, le porte-parole du Parquet fédéral Lieve Pellens. La chambre du conseil devra ensuite examiner dans les cinq jours cette décision du juge, pour vérifier que la procé­dure est conforme. JP Bemba pourra alors faire appel de la déci­sion de le maintenir en détention avant son extradition vers La Haye. Pour que ce transfèrement soit possible, la CPI devra « dans les trois mois, transmettre le mandat d'arrêt définitif en vue de remise, au lieu du simple mandat d'arrêt provisoire nécessaire pour son arrestation a-t-elle ajouté. A ce moment-là, il faudra une nouvelle décision de la justice belge pour autoriser son extradition, qui pour­rait ainsi ne pas avoir lieu avant deux mois selon le porte-parole.

Ce qui est sûr c'est que la plénière élective du porte-parole de opposition n'attendra pas. Elle serait même attendue pour la fin de cette semaine le temps pour les deux bureaux des deux cham­bres du Parlement d'harmoniser leurs vues sur l'organisation de l'élection proprement dite. Le temps aussi pour ces deux bu­reaux d'accorder leurs violons avec les groupes parlementaires de l'opposition sur le mode de désigna­tion du porte-parole de l'opposition. Le Mlc qui a déjà porté son dévolu sur JP Bemba propulsé avant terme comme l'homme de la si­tuation est-il prêt à miser sur un autre cheval suite à l'indisponibi­lité de son leader ?

De deux choses, l'une: ou bien, le MLC se ravise et joue la carte de pragmatisme en trouvant une alternative à JP Bemba ou alors, il subit le revers de l'inflexi­bilité en refusant de voir la réalité en face. Dans un cas comme dans l'autre, le Mlc joue présentement sur son avenir politique qui se pré­sente aujourd'hui sous un de  bru­meux. Des appréhensions qui se justifient lorsqu'on considère le degré de personnalisation des Partis politiques congolais géné­ralement assujettis à l'aura de leurs leaders qui en incarnent l'âme.

L'opposition en ordre dispersé

Entre-temps, au niveau de l'opposition politique, on assiste présentement à une guerre de tran­chée symptomatique des profonds clivages entre ses forces politiques affiliées. Le Mlc en tant que Parti politique majoritaire de l'opposition est accusé de développer des velléités despotiques et autocrati­ques traduisant sa volonté de ré­genter toute l'opposition. Le Mlc et alliés est loin d'accorder leurs violons avec le reste de l'opposi­tion pilotée par le Rcd autour de certains détails.

Là où François Mwamba et compagnie militent pour le vote à main levée, les autres proposent le vote à bulletin secret. En lieu et place d'un mandat exclusif, il est opposé un mandat rotatif. C'est dire que l'opposition est loin de parler un même langage et de scruter l'avenir politique du pays en regardant dans la même direc­tion.

Entre les groupes parlementaires répertoriés à l'Assemblée nationale (Mlc. Oder et Cd) et au Sénat (Rcd, Rfd), auxquels s'ajoute l'opposition extraparle­mentaire, la cohésion est loin d'être garanti, chacun tirant la couverture de son côté.

Des alliances imposées par la situation accentuent davantage les divisions qui sapent toute possibilité de compromis et de con­sensus autour d'un idéal commun. D'où l'avalanche des candidatures enregistrées au poste de porte-parole de l'opposition: La course aux privilèges qu'octroi ce statut politique est bel et bien engagée sur fond d'une controverse sur la nature du statut politique du porte-parole : devrait-il parler au nom de l'opposition qui est plurielle ou se contenter d'un titre honorifique sans réel pouvoir de régenter l'opposition dans son ensemble ?

Là-dessus, l'idée d'une ges­tion collégiale de la fonction repo­sant sur le principe de la rotation se bute aux appréhensions d'une certaine opposition qui y voit un piège du pouvoir dans ses velléi­tés d'avoir une mainmise sur op­position. Cette dernière qui au len­demain des élections, a du mal à trouver ses marques sur l'échiquier politique congolais en perdant à tous les coups, pourrait s'affaiblir davantage dans ce schéma de porte-parole qui est une recette purement congolaise imposée par le contexte politique du moment.

L'autre inquiétude demeure le gabarit des opposants actuels qui, pour la plupart, ne présentent pas une alternative crédible au pouvoir en raison, non seulement de leur inconstance, mais surtout de leur passé politique peu glorieux.

En partant désunie dans cette épreuve. L'opposition politique se fragilise davantage en perdant un peu de son aura. L'avenir se pré­sente donc sous un ciel brumeux. Il est temps de voir les choses autrement en recadrant l'action politique autour d'un nouvel idéal politique. Sinon, le requiem n'est plus loin pour l'opposition politique qui manifeste déjà des signes des convulsions.

(Milor)

AD/Uhuru




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