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Crise totale entre Kinshasa et Bruxelles: Les Consulats belges de Bukavu et Lubumbashi fermés

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La Prospérité - 3 juin 2008

Yves Leterme
Yves Leterme, Premier ministre de la Belgique, n'en revient pas. Au-delà du fait qu'il est surpris de n'avoir pas eu le Président Kabila au téléphone, il ne s'attendait pas que Kinshasa irait jusqu'à procéder, ce mardi 3 juin, à la fermeture des Consulats belges de Bukavu et Lubumbashi. Les Belges déplorent que toutes les avances faites à Kinshasa pour le dégel, y compris peut-être l'arrestation rocambolesque de JP Bemba, n'ont pas réussi à séduire le pouvoir congolais.
Les choses se précipitent dans les relations tumultueuses entre le Gouvernement de Kinshasa et celui de Bruxelles. Kinshasa avait ordonné, le 23 mai dernier, la fermeture de son Consulat d'Avers et le rappel de son Ambassadeur à Bruxelles. Le Gouvernement de la RDC invitait la Belgique d'en faire autant. Les Belges n'ont pas suivi. Ils ont été contraints de fermer, hier lundi 2 juin 2008, leurs Consulats de Bukavu et de Lubumbashi. S'ils ne l'avaient pas fait, Kinshasa l'aurait fait à leur place. Une décision dans ce sens a été prise. La fermeture de ces deux Consulats belges par Kinshasa serait intervenue ce mardi 3 juin 2008, a-t-on appris de sources belges. C'est le Premier ministre belge Yves Leterme qui a confirmé la nouvelle. Celui-ci est comme pris de vitesse. Dans un communiqué officiel, dont une copie est parvenue à La Prospérité, Yves Leterme regrette sérieusement la tournure prise par les événements. Sa surprise est d'autant plus grande qu'il reconnaît avoir fait des ??propositions qui visent à parvenir à une normalisation des relations et qui demeurent, jusqu'à présent, sans réponse ''. Le Premier ministre a fait ces propositions à son homologue congolais Antoine Gizenga. Rien n'a filtré de ces entretiens. Et Gizenga, apparemment, n'est pas pressé de répondre aux Belges. Il déguste encore les délices de Kikwit et Bandundu où il s'est offert un bain de foule historique. Yves Leterme ne sait plus avec quel interlocuteur parler. Toutes ses tentatives de joindre le Président Kabila se sont heurtées à une fin de non recevoir. Kabila préfère laisser les deux Gouvernements résoudre la crise. Lui devait s'occuper des choses beaucoup plus sérieuses, notamment l'exécution de 5 chantiers. Il n'a donc pas une minute à perdre dans des discussions stériles avec un Premier ministre belge, fût-il le flamand Yves Leterme.
Y a-t-il une issue possible ?
Les Consulats belges de Bukavu et de Lubumbashi sont fermés et le seront aussi longtemps que durera la crise diplomatique au niveau de deux Gouvernements. L'Ambassade de Belgique à Kinshasa n'a fait aucun commentaire. On ne sait pas non plus ce que sera le sort de l'Ambassadeur belge. Sera-t-il rappelé dans son pays ? Comment sortir de la crise ? Côté belge, on envisage la mise en place d'une commission mixte belgo-congolaise chargée d'examiner et d'évaluer la coopération bilatérale.
Repenti tardif de De Gucht ?
La crise a tendance à s'envenimer alors que Belges et Congolais voulaient mettre fin à la brouille diplomatique entre les deux gouvernements. Karel De Gucht, le gaffeur à l'origine de la mini crise, venait, dans la matinée d'hier lundi 2 juin, d'appeler à la fin du ??débat stérile'' né de son message aux dirigeants de la RDC. Devant une centaine d'ambassadeurs et de diplomates belges de haut rang, ç'a s'appelle là-bas ??Journées de contact diplomatiques'', Karel De Gucht, ministre des Affaires Etrangères, a vivement souhaité la fin de ??mauvaises querelles'' entre Kinshasa et Bruxelles. Il a reconnu qu'il était malaisé de faire une analyse objective au milieu d'une crise. Karel De Gucht n'entend pas sapé les efforts entrepris par son Premier ministre Yves Leterme en vue d'un dialogue constructif avec les partenaires congolais. Mais le chef de la diplomatie belge, sur le fond, maintient ses appréhensions sur la conduite des affaires du pays par les autorités congolaises. Il juge extrêmement dommage qu'une crise d'une telle ampleur ait pu naître de ses propos alors que personne ne conteste la justesse de son analyse, ni du côté belge, ni du côté congolais. De Gucht ajoute que la RDC est confrontée à un énorme défi de bonne gouvernance. C'est une réalité, dit-il, reconnue par tous. Le ministre belge propose de relever le défi de la bonne gouvernance ensemble avec les autorités congolaises, si celles-ci le souhaitent.
Certains analystes ont caricaturé De Gucht comme un pro sapeur-pompier. C'est-à-dire qu'après avoir allumé le feu, il cherche maintenant comment l'éteindre. Plus au sérieux, une source, qui a l'avantage de rôder dans les sillages du pouvoir congolais, s'interroge sur la façon d'agir des belges. Personne n'est dupe. Aucun de deux protagonistes ne peut impunément se permettre d'aller plus loin. Bruxelles a peut-être tiré la leçon que la décision de changer, à souhait le régime en RDC, ne lui appartient pas. Il faut composer avec le pouvoir de Kinshasa. Les intérêts de deux Etats sont imbriqués.

La Prospérité




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