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AMP-PALU-UDEMO: Panique au sein de la Coalition

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Le Potentiel - 16 août 2008

Joseph Kabila et Nzanga Mobutu

Tel un vent violent, l'imminence du réaménagement de l'équipe gouvernementale, en RDC, entretient une atmosphère de panique au sein des regroupements politiques membres de la Coalition au pouvoir. Les ministres n'en rêvent pas moins de se voir tous reconduits à leur poste et, ainsi, de conserver leurs privilèges. Seule inconnue : le mystère qui entoure les intentions et les choix solitaires du chef de l'Etat. En réaction, les leaders qui se rangent du côté de ?ses alliés' disent ne pas être consultés à cet effet. Le public congolais ne sera, dans ce cas, pas à l'abri des surprises.

La Coalition gouvernementale traverse une zone de turbulences. Non pas à cause d'une quelconque divergence d'approche sur la conduite des affaires de l'Etat, mais plutôt en raison de la lutte de positionnement individuel suscité par la perspective de la mise en place, dans un proche avenir, d'une nouvelle équipe de l'Exécutif de la République démocratique du Congo.

On sait que le premier ministre Antoine Gizenga aurait obtenu du chef de l'Etat des garanties de rempiler à la Primature, mais flanqué de deux vice-premiers ministres. Les arguments pour contraindre le fondateur du Parti lumumbiste uni (Palu) à accepter cet attelage spécifique ont été abondamment expliqués par les médias.

Par contre, ce qu'ignore encore l'opinion publique, c'est l'identité de deux futurs adjoints de Gizenga. Seront-ils recrutés en dehors ou à l'intérieur de l'équipe gouvernementale actuelle ? Les ministres d'Etat, en fonction, seront-ils automatiquement élevés au rang de vice-premier ministre ? D'ores et déjà, sur cette dernière question, on peut raisonnablement soutenir que leur poste actuel soit purement et simplement supprimé.

En définitive, la question qui malmène l'esprit des hommes et des femmes qui ont déjà goûté aux délices du pouvoir est la suivante : qui d'entre eux sera maintenu ? Dans quelle position ? Et qui, dans cette sorte de sélection naturelle, perdra et poste et privilèges pour retomber en enfer ?

Trêve de questionnements. Joseph Kabila, le maître de l'échiquier, garde intact tout son art de mystère. Son mutisme relance de plus belle les spéculations. Et sème la panique jusqu'à ses plus intimes alliés politiques. Le sait-il ? En tout cas, il ne peut ignorer leurs tourments de l'heure. Le jeu politique, nous enseigne l'histoire, sait bien composer avec le cynisme.

CONTRE-PRODUCTIF DE PANIQUER LES PARTENAIRES

Ainsi vu, la discrétion présidentielle sur le choix de futurs ministres fait monter la tension de plus d'un allié. Qu'il s'agisse des gens déjà au gouvernement ou candidats en attente dans l'antichambre du pouvoir. Une si longue expectative tue toute bonne initiative.

L'illustration parfaite de cette atmosphère de campagne est donnée par l'agitation observée, il y a peu, dans les rangs du Parti lumumbiste uni. Des proches d'Antoine Gizenga se sont étripés le chignon des mois durant, sur fond des dénonciations réciproques destinées à disqualifier des prétendants supposés au trône (non vacant alors) du premier ministre.

Un autre exemple d'agitation est fourni par le Mouvement social pour la République (MSR). Se sentant marginalisé dans l'attribution des postes, en province Orientale, où il avait engrangé une moisson de députés provinciaux, le parti de Pierre Lumbi a récemment donné de la voix pour se faire remarquer. Le destinataire du message ? le parti présidentiel, PPRD - en a sûrement pris acte.

Vient, enfin, le tour de l'Union des démocrates mobutistes (Udémo). Face à l'imminence du réaménagement du gouvernement, le parti de Nzanga Mobutu exige de la considération. Dans des termes qui ne laissent planer aucun doute, l'Udémo souhaiterait être consultée avant la formation du nouvel Exécutif congolais. Sans le dire crûment, le parti laisse filtrer son désir, à savoir : l'élévation de son chef, Nzanga Mobutu, actuellement ministre d'Etat, au rang de vice-premier ministre.

Il sied de rappeler que l'Udémo est, au même titre que le Palu d'Antoine Gizenga, signataire de l'acte de coalition qui a permis à Joseph Kabila de remporter haut la main l'élection présidentielle de 2006. D'où, dans le contexte particulier du moment, elle revendique le même traitement que celui qui serait appliqué au Palu.

Bâtie autour de trois piliers ? Alliance de la majorité présidentielle (AMP), Parti lumumbiste uni (PALU) et Union des démocrates mobutistes (UDEMO) - la Coalition gouvernementale n'a jamais été aussi secouée. Il appartient au maître du jeu de gérer judicieusement les ambitions de ses alliés afin d'en tirer tous les bénéfices susceptibles de l'aider à conduire le pays avec efficience. En attendant, il est contre-productif de paniquer les partenaires.




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