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Gouvernement : le réalisme politique s'impose

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Le Potentiel - 2 octobre 2008
Réunion du Gouvernement

Plus que quelques jours pour que le Premier ministre soit connu et que le gouvernement soit formé. Mais le plus dur reste à faire au regard du bilan mitigé de Gizenga. Car les grands défis à relever sont nombreux. Tant sur le plan interne qu’externe. Le succès réside donc dans le réalisme politique. Il faut en prendre conscience. Dès maintenant.

L’après-Gizenga ne se limite pas seulement à la désignation de son successeur au poste de Premier ministre ainsi qu’à la formation du prochain gouvernement. Il s’agit d’un nouveau départ qui doit absolument combler des insuffisances du précédent gouvernement pour aller de l’avant, en émettant des signaux forts de clairvoyance politique.

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire, le prochain gouvernement ne bénéficiera d’aucune circonstance atténuante. Pas même de période grâce, mais doit absolument s’inscrire dans la logique de la continuité en prenant conscience de nombreux et importants défis à relever.

Au plan interne, il s’agit de la situation sécuritaire préoccupante, des grèves sociales qui sont des cocktails détonants, de l’amélioration des infrastructures principales pour relancer l’économie, de la lutte contre la corruption et l’impunité afin de combattre l’immoralité, une véritable gangrène…

Au niveau régional, la coexistence pacifique avec les Etats voisins, la redynamisation de la coopération sous-régionale et régionale. Et au plan international, la relance de la coopération multisectorielle en manoeuvrant avec habilité, prendre en compte les enjeux internationaux pour éviter d’être pris en étau. D’une part, par les grands pays les plus industrialisés, considérés comme des partenaires traditionnels, et de l’ autre, les pays émergents ou dits « souverains », avec en tête la Chine..

DE L’ORDRE AU PLAN INTERNE

Face à ces grands défis, le prochain gouvernement est condamné à sortir des sentiers battus. S’engager dans cette logique de la bonne gouvernance. En fait, si l’on se rapporte sur les points principaux contenus dans l’ Accord AMP-PALU pour gouverner, les traits suivants ont été relevés : l’unité de la RDC, la souveraineté du peuple congolais, la lutte contre la corruption et les anti-valeurs, la justice distributive.

600 jours après l’investiture du gouvernement Gizenga, ces objectifs ne semblent pas avoir été atteints. En effet, l’unité du pays est toujours menacée avec les combats au Kivu et en Ituri ; la souveraineté du peuple congolais n’est pas garantie à cent pour cent dès lors qu’une bonne partie de la population congolaise subit le diktat des souverainetés étrangères. Notamment la présence des groupes armés étrangers en territoire congolais qui administrent même des entités territoriales. Il s’agit des Rwandais, des Ougandais, des Soudanais, et nous en passons.

La lutte contre la corruption laisse à désirer. Bien plus grave, la maffia s’est installée au sommet de l’Etat favorisant l’émergence des anti-valeurs. Preuve ? La signature des contrats léonins, la spoliation des biens de l’Etat, le détournement des fonds publics, le pillage systématique des ressources nationales. Quant à la justice distributive, un vain slogan. Les grèves sociales en sont une illustration parfaite de la gabegie financière et de l’incurie administrative, en plus des écarts considérables des salaires entre les politiques et les fonctionnaires de l’Etat. La tension est de 1 à 75 contre 1 à 10. L’on est là en face d’un phénomène inédit : une démocratie à deux vitesses où d’un côté, un groupe restreint s’illustre par des constructions insolentes pour exposer une richesse compradore, et de l’autre, la majorité de la population croupissant dans une extrême pauvreté.

Il revient au gouvernement de rétablir ces inégalités sociales afin de répondre à toutes ces préoccupations en réhabilitant les équilibres fondamentaux. La mauvaise gouvernance caractérisée par l’amateurisme, la médiocrité ; l’impunité ; une démocratie trop balbutiante font éloigner le changement tant attendu après l’organisation des élections de 2006. C’est dire que le premier test au plan interne sera bien la formation du futur gouvernement.

DES PARTENAIRES MEDUSES

Ces faiblesses ou ces insuffisances, c’est selon, ont des effets d’entraînement négatifs sur la sauvegarde de l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale. Pour relever ces défis, il importe de lever des options courageuses au plan interne. D’abord, imposer la bonne gouvernance en réhabilitant la sanction. Ensuite, respecter ses engagements vis-à-vis des partenaires sociaux internes, syndicats et travailleurs, en faisant preuve de courage politique tous azimuts pour décider et accélérer la mise en œuvre des réformes multisectorielles dans la perspective de la refondation de l’Etat. Allusion faite à la Fonction publique, à la Justice, à l’Armée, à la Police et aux services spéciaux pour consolider le socle des institutions républicaines.

Au plan sous-régional, s’appuyer sur une diplomatie courageuse et pragmatique qui favorise le dialogue direct, sans faux fuyants, avec les Etats voisins. L’objectif est d’éloigner le spectre de la méfiance afin d’anticiper toutes les actions subversives contre la RDC découlant d’une diplomatie hypocrite ou à plusieurs vitesses dans le but d’affaiblir davantage la République démocratique du Congo. Pour le cas d’espèce, il conviendrait de dialoguer directement avec le Rwanda et l’Ouganda dans le but d’enlever tout prétexte fallacieux et de couper le cordon ombilical qui les lie à certains groupes armés.

En réalité, les partenaires extérieurs sont médusés. Ils doutent de la volonté politique des dirigeants congolais de sortir de l’auberge. Le comportement dubitatif adopté par eux de ne pas apporter des appuis budgétaires extérieurs découle de cette observation soutenue par la mauvaise exécution du programme du gouvernement. Quant aux interrogations suscités par ces guerres lancinantes, mais destructives avec le temps, au Kivu en Ituri, elles sont favorisées par l’attitude des dirigeants congolais malléables à souhait pour servir des intérêts étrangers. Car il est incompréhensible de voir les forces occultes s’appuyer sur des Congolais, les armer pendant plus de dix ans pour des revendications susceptibles d’être examinées et résolues au sein des institutions nationales.

Il est temps de faire preuve de réalisme politique afin de trouver en priorité des solutions aux problèmes internes. La communauté internationale jugera désormais la République démocratique du Congo à travers sa capacité à se prendre en charge plutôt qu’en adoptant des attitudes narcissiques qui aboutissent toujours à un « suicide collectif ». Le Président cherche à reprendre la main.
Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, il y a 7 ans environ, Joseph Kabila a délocalisé momentanément ses services au Palais du peuple. La descente du Président de la République, qui intervient dans un contexte dominé par la bataille de succession du Premier ministre démissionnaire Antoine Gizenga, a alimenté les discussions dans les rues animées de la ville de Kinshasa. Dans la soirée de mercredi, beaucoup étaient en train de se demander si Joseph Kabila n’est pas allé à l’hémicycle pour ressouder sa majorité plus que divisée depuis la démission déposée et acceptée de Gizenga Antoine. Dans la famille politique de Kabila, tout le monde veut devenir Premier ministre, à défaut ministre. Même des personnages dangereux épinglés dans différents rapports sur le pillage des ressources naturelles du Congo ont bu leur honte. Pourvu que l’on soit membre de l’AMP, on se croit digne d’administrer aux Congolais de leçons de bonne gouvernance. Le Président de la République veut s’assumer. Pas question de céder au clientélisme. Pour ce faire, le Président a réellement besoin d’avoir des mains libres. Travailler au Palais du peuple présente plusieurs avantages. Kabila peut rencontrer n’importe quel député ou sénateur. A ne pas oublier que l’AMP a fait publier, récemment, dans la presse un communiqué selon lequel ne seront désormais membres du Gouvernement que ceux qui ont été, à un moment ou à un autre, élus. Comme pour ne pas faciliter au Chef de l’Etat la tâche, certains caciques de l’AMP militent activement pour la révision des Accords du Grand Hôtel Kinshasa conclus entre Kabila (AMP), Gizenga (Palu) et Nzanga Mobutu (Udemo). Rompre cette alliance électorale et gouvernementale est perçu dans certains milieux comme un casus belli. Quand bien même au Palu où la tendance majoritaire et radicale tient au strict respect de l’esprit et de la lettre des Accords du Grand Hôtel Kinshasa, des voix s’élèvent pour rappeler que les vieilles amitiés conscientes et inconscientes entre les Kabila et Gizenga sont plus fortes et pourraient résister au séisme annoncé dans le microcosme politique congolais. Il y a une attitude positive au Palu où un haut cadre du parti, pressenti Premier ministre, estime que les liens qui unissent Kabila à Gizenga sont décennaux. Depuis la longue et difficile lutte pour la conquête de l’indépendance du pays. Il semble que le pouvoir kabiliste est d’une essence nationaliste dans la suite logique du lumumbisme. Gizenga revendique toujours le statut de dépositaire des idéaux lumumbistes. C’est ainsi, souligne-t-on, que quand l’Udps a concentré tout son combat dans la diabolisation du processus électoral, le Palu, de son côté, n’a fait qu’apporter son soutien dévoilé. S’exposant très ouvertement à la colère des extrémistes de l’Udps qui n’hésitaient pas, par moment, à s’attaquer au siège même du ‘‘gizengisme’’. Commentaire d’un politicien, le mariage entre Kabila et le Palu survivra aussi longtemps que les deux parties défendront les mêmes principes. Mais qui deviendra le prochain formateur ? La question reste posée du moment que le Président ne l’a pas encore nommé. Le suspense sera peut-être levé après que Kabila ait fini de battre le rappel de ses troupes au Palais du peuple.




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