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Joseph Kabila : un nouveau départ, mais avec quels atouts?

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Le Potentiel - 5 janvier 2009
Joseph Kabila

Il n’est pas interdit d’espérer, surtout quand on est chef d’Etat. Joseph Kabila s’est livré à cet exercice au moment où le pays prend le départ d’une nouvelle année que chacun voudrait voir démarrer sur une note d’espoir. Mais la réalité pourrait être décevante car le temps est décidément à la pluie.

Comme il y a un an, le président de la République n’a pas dérogé à la règle. Il s’est adressé à ses compatriotes à l’occasion du passage de l’an 2008 à 2009. Toile de fond de son discours, une espérance renouvelée dans un environnement qui ne met cependant pas les Congolais à l’abri des déceptions et autres désillusions.

Deux évidences

« Pour notre pays, autant que pour le monde, l’année qui s’achève aura été difficile », reconnaît d’entrée Joseph Kabila, faisant la rétrospective de 2008. Dans un premier temps, il en tire deux évidences : « Plus que jamais, affirme-t-il, la démonstration a en effet été faite que la paix n’est possible qu’avec le concours actif et sincère de tous ; et que sans bonne foi, même les meilleurs accords, quoique signés de manière solennelle, s’avèrent inopérationnels ». Certainement que le président de la République fait allusion à l’Acte d’engagement de Goma qui s’en est allé pratiquement en eau de boudin.

Deuxième évidence. Face à la mondialisation et à la globalisation, estime-t-il, il a été aussi établi que l’appel à la responsabilité et à la bonne gouvernance ne devrait pas uniquement concerner les petits et les faibles. « Mieux, il devrait s’adresser davantage aux grands et puissants », précise le chef de l’Etat, tout en indiquant que « l’onde de choc de leur faillite étant sans limite ».

De 2008, le président de la République dresse un bilan qu’il estime à tout le moins positif, faisant prévaloir un « espoir contrarié, mais toujours justifié, d’un avenir prometteur, avec la relance de l’économie et le démarrage des cinq chantiers ».

Et il détaille. D’abord, sur le plan sécuritaire. « Nous pensions, dit-il, en avoir fini avec la comptabilité macabre du nombre de vies innocentes, souvent fauchées en pleine jeunesse et de celle, dégradante, du nombre de femmes et de filles violées, ou soumises à de graves sévices ». Mais, constate-t-il, « c’était sans compter avec les ennemis de la paix qui viennent, une fois encore, d’enlever lâchement la vie à des centaines de nos compatriotes, à Doruma et Faradje, dans le district du Haut Uélé ». Une partie du territoire national où la LRA continue à semer la mort au sein des populations congolaises.

Il faut, à la vérité, reconnaître que, dans la partie orientale de la RDC, le tableau, sur ce point précis, est tout ce qu’il y a d’abominable. Avec des images insoutenables…

Sur le plan économique et financier, le chef de l’Etat estime que « les résultats des douze derniers mois ont été plutôt louables, pour un pays post-conflit, un Etat fragile, à l’aube de sa refondation ». Expliquant les raisons du « satisfecit » qu’il décerne au pays, il déclare : « En l’absence de tout appui budgétaire, en dépit des urgences sécuritaires et humanitaires et dans un contexte international marqué par le renchérissement, sans précédent, des prix des produits pétroliers et de ceux des produits alimentaires, les équilibres macro-économiques ont été sauvegardés, tandis que le taux de croissance a frôlé le seuil de deux chiffres ».

Pour Joseph Kabila, il s’agit bel et bien d’une performance. Et il s’en défend à sa manière : « …Il y a à peine huit ans, le taux de croissance de notre économie était négatif et…il faut remonter à un quart de siècle plus tôt pour retrouver un taux de croissance avoisinant. Elle l’est aussi, parce que, note-t-il, elle annonçait bien plus qu’une embellie passagère ». Il poursuit en affirmant que la reprise au niveau de l’économie réelle a en effet été enregistrée dans plusieurs secteurs porteurs dont, principalement, les bâtiments et travaux publics, les mines et les services.

Mauvais vent…

Apparemment, la route était toute tracée jusqu’au jour où la crise financière est venue tout chambouler. Maudite soit la crise financière, avec elle la récession économique. Car, « telle une gangrène, elle frappe les uns après les autres les pays moteurs de la croissance mondiale », déplore le chef de l’Etat congolais, dont le ton est quelque peu refroidi par les conséquences qui en découlent. « L’horizon s’est brutalement assombri il y a quelques mois », constate-t-il avant de se relancer.

Dans tous les cas, il n’y a pas lieu de désespérer. L’horizon « n’en est pas pour autant définitivement bouché », assure le chef de l’Etat. « A condition, bien sûr, que, de cette année contrastée, nous dégagions des balises pour une nouvelle année plus sereine et plus prometteuse ». Comment s’y prendre ? Joseph Kabila lâche une recette qu’il présente sous forme de balises. Première balise, la confiance. « Confiance en notre pays d’abord, précise-t-il. Un pays de rêve ! Confiance en notre destin comme peuple, ensuite. Un destin de grandeur ! Le Congo est en effet le meilleur héritage que nous ayons en partage. C’est une valeur sûre, permettant d’envisager l’avenir avec assurance, en dépit des contingences ».

Le chef de l’Etat met tout de même un bémol. « Mais le Congo est aussi un pays post-conflit, un pays dont le développement, dans un environnement international incertain, ressemble à un voyage en mer par mauvais temps ». Et il avertit : « Dans un tel voyage, il faut s’habituer au cabotage ». Néanmoins, l’optimisme ne le quitte pas et il le laisse transpirer : « Et pour autant qu’autour du capitaine soit soudé l’équipage, le fait que l’horizon sans cesse recule, n’enlève pas à la mer tout rivage, ni au bateau toute certitude d’accostage ».

Deuxième balise, c’est la responsabilité. « Responsabilité de la part des gouvernants, effectifs ou en puissance, car ils portent ensemble les aspirations et le sort de la collectivité ». Responsabilité aussi de la part des citoyens, personnes physiques et morales, qui ne peuvent, face aux défis de l’heure, se contenter du rôle du spectateur. C’est à eux, et à nul autre, qu’il revient de forger notre destin », réaffirme le président Kabila.

Troisième balise, le caractère incontournable, plus que jamais confirmé, du travail, de l’effort productif, comme source de progrès. « Ce travail, dit-il, doit être canalisé et organisé ». L’Etat ayant été, à la faveur de la crise mondiale, réhabilité dans son rôle essentiel de garant du bien général et de régulateur du lien social, le chef de l’Etat a - sans remettre en cause notre option fondamentale pour l’économie libérale - instruit le gouvernement de la République « de prendre toute sa part dans la préparation et la sécurisation de notre avenir économique ».

Pari pour l’avenir

Dans cette optique, l’accent sera désormais mis sur l’augmentation de la production nationale dans tous les domaines, particulièrement dans le domaine agricole. « Réduire notre dépendance extérieure, développer le tissu industriel national et mettre l’économie congolaise à l’abri des aléas de la spéculation financière, telles sont nos options stratégiques pour le futur », dévoile-t-il dans son discours. Il précise que « nos objectifs pour l’année qui s’ouvre sont et demeurent ceux assignés au gouvernement ».

Il s’agit d’abord de la consolidation de la paix et de la sécurité, particulièrement dans l’Est du pays. « Notre conviction d’y arriver, assure-t-il, est indéniable et toutes les voies seront exploitées à cet effet ». Il s’agit ensuite de la reconstruction du pays par la consolidation du cadre macro-économique et la mise en œuvre des cinq chantiers, levant ainsi les principaux obstacles à l’essor du secteur privé, à la création des richesses et à une plus grande offre d’emplois. Il s’agit enfin de l’amélioration des conditions de vie des populations et du bien-être des Congolais. « C’est cela le but ultime de tous nos efforts », avance-t-il.

Le président de la République souhaite qu’en 2009 « chacun de nous fasse l’exaltante expérience de la dignité et des dividendes que procure le travail » et qu’ « il trouve, dans la justesse de notre vision commune les raisons d’espérer et dans le leadership de ses gouvernants, celles de s’engager ». Tout en faisant de 2009 « un nouveau départ, une année pas comme les autres ».

Mais que faire pour prendre réellement ce nouveau départ ? Que faire également pour que cette nouvelle année puisse être effectivement une année pas comme les autres ? Avec quels atouts allons-nous nous y prendre ? C’est là toute la question. C’est là tout le pari. Un pari à la portée des Congolais certes, mais d’ores et déjà il ne faudra pas perdre de vue que sur le plan de la gouvernance, les comptes ne sont pas bons.

Dans tous les cas, le décor est loin d’être un décor de verdure : détournements de deniers publics, pillages, corruption par-ci ; fraude fiscale, impunité, mauvaise répartition de la richesse nationale par-là…




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