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Quand certains kabilistes défendent mal et exposent le Chef de l'Etat

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La Prospérité - 20 février 2009
Joseph Kabila

De l’avis de certains observateurs, certains ténors de l’AMP, donnent l’impression qu’il y a un problème entre le Chef de l’Etat et la chambre basse
En RDC, l’actualité politique demeure marquée par le débat autour de la convocation d’une session extraordinaire à l’Assemblée nationale. Chacun y va à sa manière au point que l’on tente même de s’écarter des prérogatives reconnues par la Constitution pour tendre vers l’arène de l’homme de la rue sur fond d’injures et autres actes de bas étage. Voilà qui a suscité la réaction de certains observateurs déterminés à remettre les pendules à l’heure et qui invitent surtout à dépassionner le débat.
Réagissant au débat autour de la convocation d’une session extraordinaire à l’Assemblée nationale au sujet des opérations militaires conjointes RDC-Rwanda, bon nombre d’observateurs avertis digèrent mal des arguments avancés dans le débat par des gens qui prétendent défendre le chef de l’Etat, allant jusqu’à traiter les pétitionnaires de «sorciers» comme s’ils avaient commis un crime de lèse-majesté. D’autres encore, poursuivent-ils, reprochent aux députés de brosser les vacances parlementaires en sollicitant toute une session extraordinaire sans requérir, au préalable, les avis de leurs électeurs. En fait, le débat reste ouvert et chacun tente de défendre son camp, parfois même, relèvent les mêmes observateurs, sans conviction.


PETITION: UNE AFFAIRE DES DEPUTES TOUTES TENDANCES CONFONDUES

D’entrée de jeu, relèvent les observateurs, avec environ 262 signatures, la pétition n’est pas une affaire de l’opposition, mais des députés nationaux toutes tendances confondues. Le besoin, notent-ils, est donc réel et ce, conformément aux dispositions constitutionnelles en la matière. Il est tout à fait normal, font-ils observer, que du choc des idées jaillisse la lumière, que l’on discute pour sortir de la crise. Mais, regrettent-ils, des gens exagèrent en présentant les partisans de la session extraordinaire comme des ennemis du Chef de l’Etat qui est constitutionnellement irresponsable devant la chambre basse du Parlement. C’est au Gouvernement de répondre devant le Parlement et, à ce titre, indique-t-on, la pétition ne constitue nullement une menace contre le Raïs.
Et le Gouvernement a suffisamment d’éléments et ne manque pas d’arguments, soulignent les observateurs. «On a tenté par les armes, cela n’a pas été facile et on a perdu hommes, munitions et temps. Mais, par la voie diplomatique, en se rapprochant du Rwanda, la RDC y est parvenue plus rapidement en épargnant hommes, munitions et temps». Le Gouvernement dispose donc des éléments dans le débat. Pour ce qui est du délai où il y en a eu un premier et un second, les observateurs soutiennent que le Parlement et le Gouvernement peuvent trouver un terrain d’entente. En ce qui concerne les dégâts collatéraux, il n’est pas mauvais, indique-t-on, que le Parlement attire l’attention du Gouvernement qui n’est pas inconscient et qui a besoin d’autres pistes pour encadrer la population civile. Quant à l’opportunité ou non de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, sans parti pris, les observateurs sont d’avis qu’il revient aux députés eux-mêmes de se prononcer sur cette question et non à d’autres interlocuteurs.


L’AMP ACCUSEE DE DEFENDRE MAL ET D’EXPOSER KABILA

La pétition, contrairement à ce que certains avancent, n’est pas contre le chef de l’Etat. Ces observateurs n’en veulent pour preuve que le fait que l’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir pour interpeller ou démettre le Président de la République. Ce dernier, par contre, a le pouvoir de dissoudre le Parlement. C’est aussi le Gouvernement qui peut être interpellé et qui sert de fusible au chef de l’Etat. Dès lors, présenter les choses comme si la pétition constituait une menace contre le chef de l’Etat relèverait d’une démarche simpliste et montrerait qu’on n’a pas approfondi la question. Pour certains observateurs, dans une démocratie normale, on ne peut guère considérer les pétitionnaires comme des frondeurs contre le président de la République ou même une bande de sorciers.
Il y a peut-être eu un malentendu et c’est pour cette raison qu’une session extraordinaire ne serait pas une mauvaise chose afin d’éclairer la lanterne de tous. Dans cette optique, nombre d’observateurs plaident pour une séance à huis clos et sans folklore parce que la sécurité du pays est en jeu. Il serait également question d’éviter le «m’as-tu-visme» qui ne manque pas en pareilles circonstances. Mais, à défaut d’une séance plénière, ils évoquent même la possibilité d’une séance au sein de la commission de défense. Il s’agira d’un débat qui permettra aussi la cohésion nationale et les conclusions souligneront la nécessité de la paix pour que les gens rentrent chez eux. En fait, tranchent les observateurs, il y a plus de peur que de mal. Mais, on doit laisser les députés exercer leurs prérogatives reconnues par la Constitution.

NE PAS DONNER L’IMPRESSION QU’IL Y A UN PROBLEME ENTRE LE CHEF DE L’ETAT ET LE PARLEMENT

De plus, ajoutent les observateurs, certains qui croient défendre le chef de l’Etat ont tendance à le présenter comme un autocrate alors qu’il est démocrate parce qu’élu au suffrage universel direct. On ne doit pas donner l’impression qu’il y a un problème entre le Président de la République et l’Assemblée nationale. «Ces gens là sont dangereux et irresponsables parce que le chef de l’Etat n’a aucune intention de bloquer. Ce n’est ni dans son intérêt, ni dans sa façon d’agir. Il s’agit de gérer au mieux des situations délicates, difficiles».




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