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L'inscription des électeurs a débuté à Kinshasa

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KINSHASA, le 21 juin (IRIN) - Malgré l'insécurité qui prévaut dans l'est et le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) et le report des élections présidentielles, la Commission électorale indépendante a lancé lundi dernier une campagne d'inscription de 3,5 millions d'électeurs à Kinshasa.

Le processus d'inscription, qui se déroulera dans la capitale sur une durée de trois semaines, constitue la première étape d'un programme d'inscription sur les listes électorales, qui s'étendra à d'autres provinces dans les 45 prochains jours. Selon Apollinaire Muholongu Malumalu, président de la Commission électorale indépendante, les premières concernées seront le Bas-Congo et la province Orientale, suivis du Nord Kivu, du Sud Kivu et des provinces du Bandundu.

Avant la mise en place du programme d'inscription, le gouvernement de transition avait pris les mesures nécessaires pour sécuriser la capitale, où les groupes de l'opposition avaient menacé de manifester contre le report des élections.

Vendredi dernier, à la demande de la commission électorale, le parlement a prolongé de six mois la période de transition impartie au gouvernement afin de permettre l'organisation d'un référendum constitutionnel le 27 novembre prochain.

Les membres de l'opposition ont appelé les habitants de Kinshasa à manifester le 30 juin prochain. Selon la constitution actuelle, c'est à cette date que devait prendre fin la période de transition.

Il semble que les élections initialement prévues pour la fin du mois de juin auront probablement lieu entre mars et mai 2006. Si ce délai permet l'organisation du référendum constitutionnel, il laisse également à la Commission électorale le temps de résoudre les problèmes logistiques et les questions de sécurité avant le scrutin présidentiel, le premier depuis plus de 40 ans.

« Nous avons déjà sécurisé l'opération à Kinshasa en déployant des forces de police, et nous avons un plan de sécurisation pour le reste du pays. Nous allons en effet détacher 32 000 policiers nouvellement formés, qui seront soutenus par l'armée », a expliqué Malumalu.

La Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) ainsi que l'Angola, la Belgique et la France ont contribué à la formation de plus de 9 000 policiers qui constitueront une force de police intégrée, chargée d'assurer la sécurité avant et pendant les élections.

L'Angola, la Belgique et l'Afrique du Sud ont en outre formé trois brigades, soit quelque 9 720 soldats.

La plupart de ces soldats et policiers ont été déployés en Ituri, un district agité du nord-est du pays, où quelques miliciens irréductibles de groupes armés dissous continuent d'attaquer les forces des Nations unies et les troupes congolaises, ce qui met en péril le processus électoral.

Jusqu'à présent, 16 000 miliciens ont été désarmés en Ituri. D'autres continuent d'intimider les populations civiles, selon le Colonel Thierry Provendier, porte-parole militaire de la MONUC.

Théophile Mbemba, le ministre de l'Intérieur, pense néanmoins qu'un effort de sécurité concerté pourra garantir le bon déroulement d'élections libres et justes en RDC.

« Si la police est dépassée par les événements, l'armée interviendra », a-t-il assuré. « En prenant de telles précautions, nous pensons que nous pourrons organiser des élections libres, démocratiques et transparentes ».

Pour le moment, toutefois, les troupes et les forces de police n'ont pas encore sécurisé les provinces du Nord et du Sud Kivu (dans l'est du pays), dont les habitants congolais subissent les attaques des rebelles hutus du Rwanda.

Et les milices Mayi-Mayi locales sévissent elles aussi. Le lieutenant général Kisempia Kisungilanga, chef d'état-major des forces armées, a déclaré que l'insécurité actuelle pourrait diminuer avec le déploiement des brigades de la nouvelle armée intégrée au Nord et Sud Kivu.

Quelque 9 000 centres d'inscription doivent ouvrir leurs portes dans l'ensemble du pays, au cours des semaines à venir. Les bailleurs de fonds financeront la majeure partie du processus, qui coûtera 430 millions de dollars américains. Les autorités congolaises y contribueront à hauteur de 10 pour cent de la somme totale.




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