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Louise Arbour encouragée par la mobilisation de la société civile pour la lutte contre l'impunité

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MONUC - 16 mai 2007 15:31

Louise Arbour

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Louise Arbour, en visite en RDC depuis dimanche 13 mai, s’est exprimée hier, le 15 mai 2007, sur les questions relatives à la lutte contre l’impunité, les violences sexuelles et la reforme du secteur judiciaire. C'était sur les antennes de la radio de la mission en RDC, Radio Okapi.

Au sujet de ses entretiens avec les autorités politiques congolaises, la Haut Commissaire de l’ONU s'est félicitée de la prise de conscience de la sombre situation des droits de l'homme sur le terrain en RDC; laquelle situation demande qu'on s'y attarde "de façon très sérieuse".

Selon Mme Arbour qui s'exprimait devant les auditeurs de Radio Okapi, "le Haut Commissariat ne peut travailler que dans le cadre de son mandat". Ce mandat porte sur l’observation, l'étude et l'analyse des rapports sur les violations des droits de l'homme et l'appui aux autorités nationales dans leurs efforts d'améliorer la situation des droits de l'Homme. "Le Haut-commissariat et la communauté internationale ne peuvent pas se substituer aux instances nationales qui doivent prendre leurs responsabilités", a souligné Louise Arbour.

Pour la Haut-Commissaire, "il faut interpeller les autorités gouvernementales pour les obliger à prendre leur responsabilité et ne pas se contenter d’accepter, à chaque fois, que le manque de moyens soit l’excuse à une espèce de paralysie permanente de l'action des autorités congolaises".

Louise Arbour a, en outre, rappelé que si les autorités ne sont pas de bonne foi pour faire avancer les choses, il est parfois utile de les contourner, en tout cas de les dénoncer. " Par contre, s’ils sont de bonne foi, il faut les accompagner", a-t-elle précisé. Elle a aussi mis l'accent sur l'accompagnement des acteurs de la société civile et les ONG pour leur permettre d’exiger que leurs droits soient respectés.

Dans cette dynamique, la Haut Commissaire a souligné la nécessité de "créer un espace pour la société civile et se débarrasser des reflexes répressifs dont les dirigeants font souvent preuve quand ils n’ont pas l’habitude d’une saine démocratie".

Concernant les violences faites aux femmes et ce qu'elle qualifie de "mépris profond", contre ces dernières, la Haut-Commissaire n'a pas caché sa révolte. "Ces actes nous inspirent une solidarité très profonde envers les victimes et cela exige que les auteurs de ces infractions soient traduits en justice", a-t-elle indiqué.

Madame Arbour a aussi fait le point sur la nécessité d’accompagner les victimes des violences sexuelles afin de les aider à retrouver une dignité humaine. "Il s'agit d'un soutien psychosocial qui constitue un des moyens les plus importants pour aider à la reconstitution d'une société dans laquelle ces victimes pourront retrouver leur place", a-t-elle souligné.

Parlant de la place des femmes dans la société congolaise, la Haut Commissaire a déploré leurs conditions actuelles dans le pays. Pour elle, l’initiative vient d'abord de la volonté de la population congolaise en général et des femmes du Congo en particulier d’occuper la place qui leur revient de droit. " Je ne peux que constater et dire publiquement à quel point c’est décevant de voir si peu de femmes dans la société, malgré la parité garantie par la Constitution". Elle a également stigmatisé la lenteur des reformes législatives qui donneront aux femmes une place dans la vie économique et leur garantiront une certaine autonomie.

Sur le volet de la justice, Louise Arbour s’est dite "convaincue" que la reforme institutionnelle doit être accompagnée de preuves d’intégrité et de professionnalisme de la part des magistrats.  "Il ne faut pas s’imaginer que les reformes des structures en place vont, de soi, porter leurs fruits. D’ailleurs, il est très dangereux de ne se préoccuper que du processus institutionnel. Je pense que les magistrats aussi doivent arracher leur indépendance. Ils doivent faire preuve, dans leurs activités quotidiennes, d’intégrité, de professionnalisme, de courage, être à même de prendre la parole, poser des actes de justice même avec leurs moyens limités", a -t-elle souligné.

Pour terminer cet entretien avec Radio Okapi, la Haut Commissaire a exhorté les Congolais à poursuivre leur combat contre l’impunité. Elle s'est dit très encouragée de voir, au cours de sa visite, "la mobilisation tant au niveau des autorités mais surtout de la société civile pour la lutte contre l’impunité".




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