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Etienne Tshisekedi: « le Tshisekedi d'hier n'est pas celui d'aujourd'hui »

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L'Observateur - 21 décembre 2010
Président de l'UDPS Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Etienne Tshisekedi, 78 ans, l'un des candidats à la présidentielle de 2011, s'est entretenu sur Radio France International avec Christophe Boisbouvier. Pour l'opposant historique au maréchal Mobutu, qui revient d'un long exil médical en Belgique, il ne pourrait se retirer de la politique tant qu'il n'a pas encore accompli la mission " celle d'amener le peuple congolais à établir un Etat de droit chez lui et tant que j'ai la confiance de ce peuple-là, je ne pense pas me retirer. Et tant que j'ai la confiance de ce peuple-là qui va m'élire ". Une fois élu, il commencerait par la chose la plus simple : la construction d'un Etat de droit.

Quant à la présidentielle, loin l'idée de ne pas se rallier aux autres partis politiques, il estime qu'il doit d'abord compter sur son parti qui a lutté pendant plusieurs décennies contre la dictature de Mobutu, son objectif étant d'arracher " une victoire dès le premier tour ".

Découvrez à travers cette interview réalisée par notre confrère Christophe Bousbouvier comment ce " nationaliste ombrageux " a changé et comment le Tshisekedi d'hier n'est plus celui d'aujourd'hui.

Extrait audio sur RFI Afrique Midi:

RFI : Etienne Tshisekedi, bonjour.

Etienne Tshisekedi : bonjour.

Ces dernières années, on croyait que vous vous étiez retiré de la politique, mais voilà, vous avez fait un retour en fanfare. Qu'est-ce qui vous a décidé à reprendre le combat ?

Mon silence n'était que le temps nécessaire pour me soigner en Belgique. Maintenant que la santé me l'a permis, j'ai repris mon travail habituel, ma mission que je crois être celle d'amener le peuple congolais à établir un Etat de droit chez lui.

Vous n'avez jamais pensé vous retirer de la politique ?

Non, tant que je n'ai pas fait cette mission-là et tant que j'ai la confiance de ce peuple-là, je ne pense pas me retirer. Et tant que j'ai la confiance de ce peuple-là qui va m'élire.

Vous êtes très critique avec le président Kabila. Vous dites qu'il a tout raté, mais il y a l'école primaire gratuite, il y a les investisseurs chinois.

Mais non, les investisseurs chinois, ce n'est pas Kabila qui les a faits, ce sont les Chinois qui sont venus.

Oui, mais, ça fait bien de l'argent, ça fait construire des routes…

Non, mais quand vous dites l'argent, tout le monde au Congo est convaincu que l'argent qu'on donne ne va pas, dans ce que vous appelez construction des routes ou des ponts, enfin tout ce qui est de l'intérêt national.

Donc, il y a corruption, n'est-ce pas ?

Oui, elle est à l'échelle jamais vue dans le monde, dans l'histoire de l'humanité.

Si vous êtes élu, qu'est-ce que vous ferez de mieux ?

Je commencerai par la chose la plus simple : c'est construire un Etat. Il y a un Etat quand il y a sécurité juridique et physique, quand il y a la paix, quand il y a du travail, quand il y a des hôpitaux. Les seuls hôpitaux que nous avons, ce sont ceux que les Belges ont laissés en 1960. Donc, quand il y a des routes de desserte agricole, pour que les paysans n'aillent pas tous dans les villes, mais restent chez eux, parce que les routes peuvent les amener à écouler leurs marchandises sur le marché.

Mais la corruption que vous dénoncez, elle existe depuis l'époque Mobutu. Est-ce qu'elle n'est pas rentrée dans la culture de beaucoup de Congolais que vraiment vous ne pouvez la comparer ?

Pas du tout. Quand j'étais élu Premier ministre, dès le jour même, tous ceux qui avaient les biens de l'Etat ont rendu tous les biens à l'Etat. C'est pour vous dire que, quand l'exemple vient d'en haut, les gens suivent, mais quand la corruption commence d'en haut, alors comment voulez-vous qu'elle ne puisse pas avoir lieu ? Parce que justement, le poisson commence à pourrir par la tête.

Alors, ces derniers mois, il y a eu du grabuge au sein de l'UDPS. Vous avez pu exclure plusieurs de vos camarades, ainsi le parti est même au bord de la scission après le congrès.

Pas du tout. C'était une sorte de guerre de succession, parce que tout le monde supposait que j'allais rentrer dans un cercueil, mort. Il y en a qui m'ont vu en bonne santé, rentrer et prendre les choses en mains. Donc, tout est rentré dans l'ordre et il n'y aucun problème.

Vous pensez déjà à celui qui vous succédera dans quelques années ?

Pour ça, la démocratie s'en occupera.

Certains disent que vous pensez à votre fils Félix ?

Pas nécessairement. C'est un garçon qui a toujours aimé la politique, il ne faut pas l'empêcher de le faire. Si la démocratie le choisit, je ne peux pas m'opposer. Mais si la démocratie ne le choisit pas, je n'en ferai pas un problème.

Donc, c'est les militants qui décideront.

Absolument, dans un congrès extraordinaire.

Etienne Tshisekedi, votre parti est très implanté dans le Kasaï, au centre du pays. C'est sa force, mais n'est-ce pas aussi sa faiblesse ?

Pas du tout. Mais depuis toutes les dictatures, dont celle de Mobutu, il y a un silence ici qui est le fruit du terrorisme qui est exercé chaque jour sur la population. C'est pour cela, vous avez l'impression que dans les autres provinces il n'y a pas la même implantation, mais maintenant que le Congolais commence à chasser la peur, venez voir ce qui se passe dans mon congrès. Les délégations sont venues de tous les coins de la République.

Et tout de même vous n'avez pas intérêt à faire alliance avec Jean-Pierre Bemba et Vital Kamerhe, par exemple pour ratisser plus large à l'Ouest comme à l'Est du Congo?

C'est évident. Quand j'ai ouvert le congrès de mon parti, dans mon discours, j'ai fait appel aux forces vives acquises au changement. Mais même si je suis disposé à faire appel à d'autres partis, l'UDPS s'est battue 30 ans pour d'abord gagner les élections. Je vais le faire avec les autres amis dans les plates-formes à convenir, mais d'abord c'est sur l'UDPS que je compte. Il ne faut pas que je donne l'impression que si je ne me rallie pas avec les autres que je n'aurais pas à gagner. Pas du tout. C'est le contraire. Je fais confiance en mon parti qui est connu par mon peuple comme étant le seul parti qui a lutté longtemps pour l'intérêt de ce peuple-là. Je sais que l'union fait la force, mais ce n'est pas une nécessité pour moi.

C'est-à-dire que votre objectif c'est une victoire dès le premier tour, mais si ça ne suffit pas, une alliance en vue du 2ème tour ?

Oui, avec les autres. C'est surtout à ce niveau-là.

Il y a quatre ans, vous avez boycotté la dernière présidentielle parce que vous avez estimé que la communauté internationale avait choisi son candidat à l'avance, et que le jeu était truqué. Est-ce que vous êtes sûr que les choses ont changé depuis ?

Oui, je viens de séjourner pendant presque 3 ans en Occident. Je sais que beaucoup de ceux qui avaient été impliqués dans ce choix sont maintenant déçus par leur poulain. Je crois qu'ils n'ont plus de motif d'être zélés pour continuer la triche. Ils vont laisser le jeu démocratique se jouer normalement.

Et c'est ce que vous avez demandé au conseiller de Nicolas Sarkozy que vous avez rencontré discrètement à Paris, il y a un mois ?

(Rires) Oui, oui, même si vous n'étiez pas là. D'accord, on peut dire que c'est ça.

Ainsi que les Français font partie des gens qui, à votre avis, ont été déçus par Joseph Kabila ?

Je n'aimerais pas aller plus loin que cela.

Etienne Tshisekedi, vous êtes un nationalisme ombrageux. Il y a 10 ou 20 ans, vous auriez refusé sans doute cette rencontre à l'Elysée. Est-ce que le Tshisekedi d'aujourd'hui a changé ?

Oui, Tshisekedi a changé. D'abord, il faut être réaliste. Nous sommes dans l'ère de la mondialisation, nous avons besoin de tout le monde pour notre développement. Donc, le Tshisekedi d'hier n'est pas celui d'aujourd'hui.

kalenga 4521 déc. 2010 07:09
Si pour les elections,il faut toujours faire appel aux financements et l'appui de l'étranger,on est pas pret de sortir de l'auberge.Un pays ne sais jamais relevé par la charité internationale.Le donateur est le patron.

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