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James Kabarebe entre dans la danse au vu et au su de tout le monde

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Le Potentiel - 10 janvier 2009
James Kabarebe

James Kabarebe, chef d’état-major rwandais, s’est rendu à Kinshasa le jeudi 08 janvier 2009. Le Congo dit démocratique est devenu un terrain vague. Les bourreaux de ses fils et de ses filles peuvent, sans aucun début de Justice réparatrice, retourner sur sa terre où ils n’ont fait que répandre du sang depuis bientôt douze ans sans que cela émeuve grand monde.

Tenez. Après Kagame, James Kabarebe est l’un des acteurs majeurs de la tragédie des pays des Grands Lacs. Comme Rose Kabuye, il est poursuivi par la Justice française. Il en va de même de la Justice espagnole. Qu’il soit retourné sur le lieu de ses multiples forfaits, cela révolte.

Quand certains compatriotes crient haut et fort que la maison Congo brûle et que nous avons à nous mobiliser comme un seul homme pour résister contre l’ennemi et laver ensuite nos linges sales en famille et qu’ils refusent de comprendre que cet ennemi agit à partir des complicités internes à notre pays, ils font preuve, à notre avis, d’une cécité inqualifiable. Une cécité qui peut s’expliquer soit par ignorance - beaucoup de choses cachées aux Congolais(es) et elles sont dans les livres-, soit par amnésie, soit par complicité ou par un simple ensorcellement de leurs coeurs et de leurs esprits.

Il est aussi possible que le souci de voir notre pays recouvrer la paix à tout prix ait des incidences négatives sur la capacité qu’ont certains d’entre nous de poser les bonnes questions et d’imaginer de bonnes réponses; des réponses adéquates.

Heureusement! Plusieurs de nos compatriotes ont ouvert l’oeil. Et le bon. L’exemple de la Société civile du Sud-Kivu devrait devenir de plus en plus contagieux. Elle sait que les différentes formules de « la pax rwandana » sont des pièges à nigauds. Pour le comprendre, n’arrêtons pas de revisiter, à temps et à contretemps, l’histoire. N’arrêtons surtout pas de suivre de près l’évolution des procès initiés contre Kagame et ses bandits. Revisitons l’histoire

Dans la région des Grands Lacs en général et au Congo en particulier, certains acteurs politiques impliqués dans la recherche de solution pour mettre fin à la guerre d’agression que le Rwanda nous a imposée par les différentes rébellions interposées font comme si le dernier mot avait été dit sur la responsabilité du FPR/APR dans « le génocide rwandais ». Ils font comme si les mandats d’arrêt internationaux n’avaient pas été lancés contre les acteurs majeurs de ce « génocide » dont Bosco Ntaganda, Kagame et James Kabarebe.

Dans un reportage sur l’attentat du 06 avril 1994 à la télévision flamande VRT (ce mardi 06 janvier 2006), Luc Marchal, un ancien commandant de la Minuar à Kigali, a fait des considérations qui valent la peine d’être relues par les Congolais(es) ayant à coeur d’aller au fond des questions que pose la guerre d’agression que subit notre pays depuis plus d’une décennie. Ce reportage intègre le jugement que le TPIR a rendu dernièrement sur le cas de Bagosora.

Dans ce reportage, Luc Marchal dit: « (...) le récent jugement intervenu le 18 décembre 2008, dans le procès dit «Militaires I», remet fondamentalement en cause la stratégie d’accusation du procureur par rapport à la planification du génocide. Si cette planification n’a pas été retenue par les juges du TPIR à l’égard de Bagosora, présenté pourtant depuis des années comme le cerveau du génocide, c’est qu’en effet: «ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali» pour reprendre l’assertion de Robin Philpot. » Il ajoute: « Je suis donc convaincu qu’un retour à la réalité des premières heures qui suivirent l’attentat du 6 avril 1994 permettra de mieux appréhender ce qui se cache réellement en dessous des cartes que certains agitent devant nos yeux depuis près de quinze années. » (Nous soulignons)

A voir la façon dont les acteurs congolais impliqués dans la recherche de la solution à la guerre d’agression rwandaise procèdent, il y a lieu de dire qu’ils ne se préoccupent pas du tout du « retour à la réalité ». Et pourtant, certains acteurs majeurs de la justice « des pays amis » nous ont déjà précédé sur cette voie. Nous qui aimons copier, nous n’aurions eu rien d’autres à faire que d’aller fouiller dans les jugements qu’ils ont déjà rendus et dont certains ont été avalisés par Kigali.

Peter Erlinder, avocat principal de la défense et président de l’Association des avocats de la défense au Tribunal pénal international pour le Rwanda, a des preuves attestant que « dès le 17 mai 1994, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés s’est mis à recevoir des rapports faisant état de massacres à grande échelle de civils par le FPR de Paul Kagame, dans le territoire qu’il occupait depuis le 22 avril et qui correspondait à un tiers de la superficie du Rwanda. D’autres documents, datés d’août, de septembre et d’octobre 1994, décrivent les efforts délibérés de responsables des Nations Unies et des États-Unis pour camoufler les rapports signalant les massacres perpétrés par le FPR. Ces documents comprennent notamment des notes de service remises au sous-secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan et au secrétaire d’État Warren Christopher. Apparemment, la politique des États-Unis consistant à garantir l’impunité à Paul Kagame remonte à l’époque où celui-ci a pris le pouvoir au Rwanda, c’est-à-dire à juillet 1994. »

Et pour cet avocat, « sans cette politique de l’impunité, Paul Kagame aurait vraisemblablement été traduit devant la justice, avec deux des accusés dans le procès des militaires no 1, M. Bogosora et M. Nsengiumva, comme le procureur du TPIR Michael Hourigan l’a recommandé à la procureure en chef du TPIR, la Canadienne Louise Arbour, au début de 1997. Mme Arbour a répondu à M. Hourigan de «bruler ses notes», et il a démissionné en guise de protestation.

La responsabilité de Kagame dans l’assassinat d’Habyarimana est connue par le procureur en chef du TPIR depuis au moins ce moment-là. Sans cette politique de l’impunité, Paul Kagame aurait vraisemblablement passé les dix dernières années à attendre son procès au TPIR, plutôt qu’à s’enrichir avec les ressources du Congo et le sang de millions d’Africains. » (Lire P. ERLINDER,Rwanda: pas de conspiration, pas de planification,...pas de génocide, dans la revue en ligne Jurist Legal News and Research du 27 décembre 2008. Nous nous servons de la traduction française augmentée du 29 décembre 2008)

Donc, la question négligée dans les Grands Lacs est celle de l’impunité des criminels de guerre et de leur enrichissement illicite. Que ces criminels se mettent ensemble et nous fassent croire qu’ils vont apporter la paix dans notre région est un mensonge. Cela d’autant plus que la justice n’a pas encore dit le dernier mot sur eux.

Même si le TPIR est accusé d’être « le tribunal des vaincus », « la présentation des derniers témoins de la défense est ainsi fixée entre le 17 et le 29 février 2009. Les parties ont été invitées à présenter leurs arguments écrits le 13 mars prochain et à préparer leurs plaidoiries pour les 24, 25 et 26 juin. » (Lire le reportage de Luc Marshal). Les notes sur les crimes du FPR ayant été brûlées, il se pourrait que la Justice et la Vérité soient sacrifiées sur l’autel du démenti et de la dissimulation. D’ailleurs, selon Luc Marshal, « il s’avère aussi que, parmi les témoignages manquants, la responsabilité directe du Front patriotique rwandais (FPR) est mise en cause, entre autres dans l’assassinat de la première ministre, Agathe Uwilingiyimana, dans celui des dix casques bleus belges, ainsi que dans des massacres de civils perpétrés dès le 7 avril 1994».

Si le TPIR n’a pas retenu la thèse de la planification (hutu) du génocide rwandais rwandais, fonds de commerce de Kagame et ses escadrons de la mort, la possibilité de la planification du côté du FPR/APR est l’une des hypothèses de Luc Marshal. A son avis, « il est impossible de profiter d’une opportunité, telle que la disparition du président Habyarimana et du général Nsabimana (chef d’état-major des FAR), pour improviser une offensive générale mettant en œuvre de nombreuses unités aux missions totalement différentes. Bien au contraire, pareil engagement ne peut qu’être le résultat d’un processus majeur de préparation comportant la conception de la manœuvre sur le plan stratégique, la diffusion des ordres jusqu’aux plus petits échelons et la mise en place de milliers d’hommes, dans les positions de départ, prêts à réagir à l’ordre d’exécution.

Tout cela ne s’organise pas au claquement de doigts, mais exige au contraire des délais importants et incompressibles. Il ne faut pas être un grand stratège pour le comprendre, c’est une question de bon sens élémentaire».

Et si le FPR/APR a planifié la guerre d’agression qui sévit dans la région des Grands Lacs depuis plus d’une décennie, il est important de se reposer des questions sur ses véritables visées. Semer la mort et s’enrichir illicitement semblent être des objectifs à court et moyen terme sur la voie de la prise en otage de toute cette région de l’Afrique centrale par un groupe de 41 bandits. Nos populations le savent. La Société civile du Sud-Kivu le sait

Dans sa « Déclaration relative aux négociations politiques de Nairobi entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le Congrès National pour la Défense du peuple « CNDP » et à la stratégie internationale de pacification de l’est de la RD Congo » signée à Bukavu le 30 décembre 2008, s’inspirant de ce qui se passe dans la Province Orientale (où l’armée ougandaise et les FARDC traquent la rébellion de la LRA), la Société civile du Sud Kivu récuse l’une des décisions prises à ces assises. Elle n’accepte pas que l’armée rwandaise soit associée à l’armée congolaise (?) pour chasser les FDLR du territoire congolais. (Selon le site de Benilubero, cette armée rwandaise est déjà malheureusement rentrée sur notre territoire le mercredi 07 décembre 2009.)

Elle pose des questions trahissant une grande méfiance vis-à-vis de cette opération et de ses initiateurs: « Qui dirige l’opération et pour combien de temps? Qui sont les acteurs impliqués et leur agenda en matière de paix et de sécurité? Les acteurs ont-ils le même entendement de la paix et de la sécurité conformément aux attentes des populations congolaises? » La suite de la « Déclaration » atteste que la Société Civile du Sud-Kivu répond négativement à toutes ces questions et en appelle à des mesures plus efficaces.

Ainsi recommande-t-elle au Conseil de sécurité des Nations Unies »d’aller au-delà de la dénonciation de l’implication du Rwanda dans la guerre à l’est du Congo en prenant des sanctions exemplaires qui s’imposent contre le Rwanda et ce, conformément à la charte des Nations Unies. » (Il suivrait l’exemple de la Suède et les Pays-Bas.)

Elle pense que la rapatriement des éléments des Forces Démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et leurs dépendants relève des prérogatives de la Communauté Internationale qui les a déversés chez nous en 1994 à travers l’opération Turquoise. C’est à cette Communauté qu’il appartient d’organiser « des poursuites judiciaires contre tous ceux qui se seraient rendus coupables d’actes criminels éligibles à la Cour Pénale Internationale. »

Pour la Société civile du Sud-Kivu, la solution à la tragédie des Grands Lacs passe par la convocation « sans délai d’une réunion extraordinaire de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (...). » Elle estime que cette tâche revient au Président de la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement dans la Région des Grands Lacs.

Dans sa division du travail, la Société civile du Sud-Kivu, forte de l’expérience de plus de dix ans de guerre d’agression et du rôle du Rwanda dans le soutien offert à Nkunda, croit que le recours à l’armée rwandaise pour traquer les FDLR est une grave erreur stratégique. Et puis, l’histoire immédiate de notre pays nous renseigne qu’à toutes ses incursions « officielles » au Congo, le Rwanda ne s’est jamais préoccupé des FDLR. Officieusement, il en crée pour justifier sa prédation économique.

Que nos gouvernants actuels puissent croire que la paix, la sécurité et le développement passent par l’engagement de l’armée du FPR/APR à côté de ce qu’il nous reste comme « armée » chez nous confirment les soupçons de complicité.

Cela étant, les propositions de la Société civile du Sud-Kivu semblent mettre entre parenthèse question de la restructuration de notre armée et celle de la réalité de « la justice des vaincus ».

En effet, sans qu’il soit placé face à une armée forte congolaise forte ou une insurrection soutenue des consciences congolaises,il sera difficile au Rwanda de Kagame et Kabarebe de partir du Congo. Il y a aussi un étau à desserrer: le soutien de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis à Kagame, leur influence sur les juges du TPIR et la complicité avérée des responsables des Nations Unies dans la tragédie des Grands-Lacs.

A ce sujet, le fait que le TPIR n’ait pas retenu l’argument de la planification du « génocide rwandais » par la partie hutu peut être une opportunité à saisir dans des actions de lobbying à mener auprès du nouveau président américain, du nouveau chef de l’ONU et des acteurs officieux de la guerre d’agression que le Rwanda nous mène. Nous ne perdons rien à faire entendre nos voix de manière argumentée au niveau des toutes ces instances qui, de près ou de loin, mènent le monde au vu et au su du monde entier ou en tirant les ficelles en restant tapis dans l’ombre.


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