Congo Planète
Rechercher Congo Planete
Accueil Nouvelles Vidéos Musique Photos Facebook Twitter Rencontres Newsletter Podcasts Mobile RSS
Elections de 2011-2013: la pré-campagne fait déjà des victimes

Article précédant | Suivant
Le Phare - 3 septembre 2010
Gilbert Kiakwama kia Kiziki
Gilbert Kiakwama

La Commission Electorale Indépendante (CEI) a sorti, il y a un mois, le calendrier électoral devant ordonnancer les prochains scrutins présidentiel, législatifs, sénatoriaux, urbains, municipaux et locaux, entre 2011 et 2013. A cette occasion, un communiqué émanant du ministère de la Communication et des Médias a mis en garde les professionnels de la politique comme ceux des médias contre le lancement de la pré-campagne électorale.

Sur le terrain cependant, tout se passe comme si la campagne électorale est déjà ouverte. Ministres, députés nationaux et provinciaux, sénateurs, gouverneurs de province, chefs des partis et regroupements politiques s’investissent à corps perdus dans des réunions politiques au cours desquelles ils exhortent leurs « bases » à leur apporter le maximum des voix dans les urnes. En guise de mise en condition, ils distribuent argent, boissons, pagnes, polos, savons, huile, sucre, sel, médicaments, vélos. Des fonds sont débloqués illico presto pour jeter des ponts de fortune sur des rivières, à Kinshasa comme en provinces, équiper des écoles en bancs, payer les factures des malades insolvables dans les hôpitaux, aménager des bornes-fontaines, doter des clubs de football et d’arts martiaux de vareuses, ballons, kimono, tatami, etc. Qui a dit que la campagne électorale n’a pas commencé ?

Mende, Lutundula, Kamitatu, Kin-Kiey, Luandanda, Kashala, Kiakwama…

En République Démocratique du Congo, le droit à la contradiction a du mal à prospérer. Depuis quelques semaines en effet, la campagne électorale, qui ne dit pas son fond, se déroule dans un climat d’inquiétante intolérance politique. Au mois de mars 2010, une affaire de Jeeps mal distribuées dans la zone de santé du Sankuru, au Kasaï Oriental, avait tourné à une « guerre » fratricide entre Tetela de la savane et Tetela de la forêt, avec à la clef des cas d’incendie des maisons à Lodja, Lomela, Katako-Kombe, Wembonyama, Kole...

Selon un rapport circonstancié du Conseil de sécurité de la province, ce déferlement de violences était attisé par des partisans du ministre Lambert Mende et ceux du député national Christophe Lutundula. L’un et l’autre se donneraient des coups en-dessous de la ceinture pour le contrôle électoral de leur terroir.

A Masi-Manimba et à Kikwit, l’ARC (Alliance pour le Renouveau du Congo) d’Olivier Kamitatu et le P.A. (Parti d’Action) de Tryphon Kin-Kiey Mulumba sont sur le pied de guerre. Les échauffourées entre leurs cadres et militants respectifs ne se comptent plus. Naturellement, les deux camps se rejettent la responsabilité dans ces actes de violence et de haine qui n’honorent pas la démocratie.

Le dimanche 15 août, le village de Luandanda, près de Kananga, au Kasaï Occidental, a été le théâtre d’affrontements sanglants entre des policiers de la garde rapprochée du gouverneur Trésor Kapuku et des villageois opposés à l’arrestation du chef coutumier Luandanda. Un mort et des blessés graves ont été enregistrés sur le « champ de bataille ». Renseignements pris, il s’avère que ces tristes événements ont un rapport étroit avec la guerre de positionnement que se livrent le gouverneur Kapuku et des acteurs politiques originaires du territoire de Demba, où se trouve le village Luandanda.

La semaine dernière, plusieurs rédactions de Kinshasa ont accueilli dans leurs boîtes électroniques un communiqué de l’UREC (Union pour la Reconstruction du Congo) faisant état de la traque dont serait l’objet sa Secrétaire générale, Marie-José Kimpiobi, de la part des « services spéciaux ». Pour le parti d’Oscar Kashala, pareille situation constitue un très mauvais signal pour la prochaine campagne électorale et rappelle « l’expérience malheureuse des arrestations, des intimidations, des accusations mensongères de faux complots des mercenaires, des menaces et abus lors de la campagne de 2006 » connue par son leader.

Il y a 48 heures, c’est le député national Gilbert Kiakwama, qui a arrosé les téléphones portables des journalistes et acteurs politiques d’un texto très alarmant. L’homme se plaignait du torpillage de la conférence qu’il avait commencé à donner dans un site fermé de la ville de Boma et de la mise à sac des chaises par des militants d’un parti politique bien connu du coin. Ainsi, son plan de contacts avec la « base » du Bas-Congo, de Moanda à Kasangulu, dans le cadre de ses vacances parlementaires, se trouve complètement faussé.

Le ministère de l’Intérieur interpellé

Il y a une dynamique que personne ne peut plus arrêter : c’est la fièvre électorale qui s’est emparée de tous les états-majors politiques, au niveau de la majorité au pouvoir et de l’opposition parlementaire. C’est la gué-guerre entre personnalités politiques, non pas sur base de leur appartenance politique mais plutôt de leurs circonscriptions électorales. Un politicien qui estime être le maître dans un district ou un territoire n’accepte pas la présence de la concurrence. Et tout est fait pour mettre le prétendant K.O. avant la sortie de la loi électorale.

Les patriotes en appellent à une réaction urgente du ministère de l’Intérieur pour la mise sur pied d’un dispositif sécuritaire de nature à gérer les dérapages qui s’annoncent un peu partout. Le sang a déjà coulé au Sankuru, à Luandanda, à Kikwit et à Masi-Manimba.

D’aucuns pensent que des consignes strictes devraient être données aux responsables de la territoriale et de la police pour anticiper et combattre l’intolérance politique.

S’il est vrai que la campagne électorale n’a pas encore été officiellement lancée, l’on devrait alors interdire formellement des actes de tricherie que l’on observe tous les jours à travers le pays. Dans le cas contraire, que le droit à la parole et la contradiction soit accordé à tous ceux qui veulent s’exprimer en prévision des élections de 2011. Au fait, ce ne serait pas une mauvaise chose que des politiciens organisent des « universités », des congrès, des conclaves, des conférences-débats, des séminaires idéologiques, en ciblant clairement les rendez-vous électoraux à venir. Ce qui ne serait pas correct, c’est que le silence soit imposé aux uns, pendant que d’autres échangent chaque jour avec leurs « bases ».


Autres articles


  1. Bemba a pris l'option de « donner une chance à la Cour constitutionnelle de montrer son indépendance » (Djoli) (27 août 2018)
  2. La candidature de Jean-Pierre Bemba à l'élection présidentielle déclarée irrecevable (25 août 2018)
  3. Les derniers candidats à l'élection présidentielle ont déposé leurs dossiers (8 août 2018)
  4. Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC à l'élection présidentielle (8 août 2018)
  5. Félix Tshisekedi plébiscité candidat président du Parti de l'union nationale (6 août 2018)
  6. Des coups de feu pour disperser les manifestants pro Katumbi à Lubumbashi (6 août 2018)
  7. Vital Kamerhe investi candidat de l'UNC à la présidentielle (4 août 2018)
  8. Moïse Katumbi bloqué en Zambie : Jean-Pierre Bemba appelle Kinshasa à « calmer le jeu » (4 août 2018)
  9. Moïse Katumbi bloqué en Zambie (3 août 2018)
  10. Jean-Pierre Bemba est arrivé à Kinshasa (1 août 2018)
  11. Jean-Pierre Bemba investi candidat du MLC à la présidentielle (13 juillet 2018)
  12. Malgré les répressions sanglantes, les appels à marcher du CLC très suivis (27 février 2018)
  13. Corneille Nangaa : « Sans machine à voter, il n'y aura pas d'élections le 23 décembre 2018» en RDC (13 février 2018)
  14. Les Etats-Unis opposés à un système de vote électronique en RDC (12 février 2018)
  15. Les laïcs catholiques accusent la police d'usage disproportionné de la force (31 décembre 2017)
  16. La marche des laïcs catholiques dispersée à Kinshasa (31 décembre 2017)
  17. Calendrier électoral en RDC : avalanche de réactions sur Twitter (6 novembre 2017)
  18. L'élection présidentielle fixée au 23 décembre 2018 (5 novembre 2017)
  19. Félix Tshisekedi accuse la CENI de prolonger illégalement le mandat de Kabila (24 octobre 2017)
  20. L'ONU déplore la «dégradation inquiétante» de la situation des droits de l'homme en RDC (27 septembre 2017)
  21. Le passeport semi-biométrique n'offre pas de garantie sécuritaire, selon le gouvernement (17 septembre 2017)
  22. Cardinal Monsengwo : « Il est révolu le temps où l'on prenait le pouvoir par les armes » (25 décembre 2016)
  23. Kinshasa : 9 morts dans des heurts entre population et policiers (officiel) (21 décembre 2016)
  24. Pour la France, renvoyer la présidentielle à 2018 «n'est pas une réponse» à la crise (18 octobre 2016)
  25. Dialogue: l'accord politique adopté «par acclamation» (17 octobre 2016)
  26. Joseph Olenghankoy parle de 75 personnes tuées lors des manifestations de Kinshasa (21 septembre 2016)
  27. Dialogue : la CENCO suspend sa participation pour « faire le deuil et rechercher un consensus » (20 septembre 2016)
  28. Manifestation de l'opposition à Kinshasa : les sièges des partis politiques incendiés (20 septembre 2016)
  29. Situation très tendue à Kinshasa au deuxième jour des manifestations populaires (20 septembre 2016)
  30. Violences à Kinshasa: Evariste Boshab annonce un bilan provisoire de 17 morts (19 septembre 2016)


TV Congo Radio en ligne Radio en direct

 

Faites Congo Planète votre page de démarrage | Nous contacter | Qui nous sommes | English Edition | Version en Anglais

© 2018 CongoPlanete.com. Tous droits réservés.