Congo Planète
Rechercher Congo Planete
Accueil Nouvelles Vidéos Musique Photos Facebook Twitter Rencontres Newsletter Podcasts Mobile RSS
Il faut immédiatement saisir l'occasion d'introduire des changements dans les mines de l'est du Congo

Article précédant | Suivant
Global Witness - 18 mai 2011
Chargement de sacs de minerai d'étain dans un avion près de Bisié en partance pour Goma
Chargement de sacs de minerai d'étain dans un avion près de Bisié en partance pour Goma. Les entreprises qui achètent des minerais provenant de l'est du Congo doivent soumettre leur chaîne d'approvisionnement à un exercice de diligence raisonnable exhaustif et conforme aux normes internationales afin de ne pas alimenter le conflit ou les abus à travers leurs achats. © Kate Holt

Les évolutions dans le contrôle des mines de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) offrent une opportunité inédite de s’atteler à l’élimination des liens entre le commerce de minerais et le conflit qui afflige les civils depuis plus d’une décennie, indique aujourd’hui un nouveau rapport de Global Witness.

Cela fait en effet des années que des groupes rebelles et des membres de l’armée nationale congolaise dégagent des millions de dollars du contrôle illégal des mines d’étain, de tantale, de tungstène et d’or ainsi que des voies commerciales, tout en infligeant des souffrances atroces à la population locale.

Le rapport, intitulé L’avenir du commerce de minerais congolais dans la balance : opportunités et obstacles associés à la démilitarisation, s’appuie sur une enquête récente sur le terrain de Global Witness visant à mettre en évidence certaines évolutions significatives et à indiquer ce que doivent faire les acteurs clés pour en tirer parti. Le rapport révèle que tandis qu’une grande partie du commerce de minerais dans l’est du Congo reste placée sous contrôle armé, le départ des groupes armés de Bisié – la plus importante mine d’étain de la région – constitue une évolution prometteuse.

« Il existe de réelles opportunités de remettre de l’ordre dans le commerce de minerais de l’est du Congo, mais elles sont localisées, fragmentées et susceptibles d’être éphémères », a déclaré Annie Dunnebacke, responsable de campagne à Global Witness. « Pour en tirer parti, les entreprises se doivent d’appliquer des contrôles de la chaîne d’approvisionnement conformes aux normes internationales afin que le secteur minier encourage le développement au lieu d’alimenter la violence. Le gouvernement congolais et l’ONU doivent aussi coopérer avec le secteur privé afin de permettre aux zones récemment démilitarisées comme celle de Bisié de voir s’instaurer un commerce propre, et ce, avant que l’armée et d’autres groupes armés puissent y retourner. Mais il faut agir vite, faute de quoi l’opportunité sera manquée. »

Les principales conclusions et recommandations du rapport sont les suivantes :

  • En mars, l’armée congolaise s’est enfin retirée de Bisié, la mine d’étain la plus importante de la région, après l’avoir contrôlée illégalement pendant plus de cinq ans. Il est primordial qu’un commerce légitime de minerais provenant de Bisié soit désormais établi au moyen d’une surveillance efficace de la région et de l’imposition rapide par les entreprises de contrôles performants de leur chaîne d’approvisionnement. La force de maintien de la paix de l’ONU, la MONUSCO, doit assumer son rôle en contribuant à garder Bisié et d’autres sites démilitarisés libres de toute unité militaire et d’autres groupes armés.
  • Dans d’autres régions de l’est du Congo, les principaux bénéficiaires de l’interdiction d’exploitation minière de six mois imposée par le gouvernement congolais semblent avoir été de hauts commandants militaires, qui ont ainsi réussi à renforcer leur mainmise sur les activités d’extorsion et de contrebande.
  • Les entreprises qui opèrent en RDC et dans les pays voisins ne se conforment pour l’instant pas aux normes de diligence raisonnable formulées par le Conseil de sécurité de l’ONU et l’OCDE. Cela freine les efforts visant à éliminer le lien entre les minerais et la violence armée dans l’est du Congo et empêche l’instauration d’un commerce de minerais propre.
  • Le Rwanda, principal point de passage des minerais congolais, n’en fait pas encore assez pour exclure les minerais du conflit de ses chaînes d’approvisionnement en matériaux provenant de RDC. Bien que des dispositifs introduits il y a peu et reposant sur l’étiquetage et la traçabilité des minerais constituent un pas en avant prometteur, ils ne sont pas suffisamment exhaustifs. Le gouvernement rwandais se doit d’introduire et d’imposer des exigences de diligence raisonnable complètes aux entreprises qui font le commerce des minerais et les transforment.

Cette évolution sur le terrain intervient à un stade crucial des efforts internationaux visant à endiguer le flux de minerais du conflit en provenance de RDC. Le Conseil de sécurité de l’ONU et l’OCDE ont récemment avalisé de nouvelles normes de diligence raisonnable au titre desquelles les entreprises doivent soumettre leur chaîne d’approvisionnement à des contrôles normalisés et audités de manière indépendante pour montrer qu’elles ne financent pas les parties belligérantes de la région.

Entre-temps, l’autorité américaine de régulation, la Securities and Exchange Commission (SEC), annoncera d’ici quelques mois ce que doivent faire les entreprises pour se conformer à une nouvelle législation sans précédent dont l’objectif est d’éliminer les minerais du conflit du commerce mondial. Global Witness demande à la SEC d’intégrer les normes de diligence raisonnable de l’ONU et de l’OCDE directement dans ses réglementations et de les publier le plus rapidement possible.

« Le choix auquel le Congo est confronté n’est pas, contrairement à ce qu’affirment certaines entreprises, entre l’imposition d’un embargo et le maintien du statu quo, avec toutes les conséquences humaines brutales qui y sont associées », a déclaré Dunnebacke. « Les entreprises peuvent considérablement modifier l’état des choses en mettant en œuvre des contrôles de la chaîne d’approvisionnement appropriés et conformes aux normes internationales convenues. Ainsi, les citoyens congolais pourront enfin bénéficier d’une partie de leur richesse minière au lieu de la voir s’échapper au profit de milices et de groupes armés prédateurs.


Autres articles


  1. Elections en RDC: Barack Obama insiste sur le respect de la constitution (1 avril 2015)
  2. Human Rights Watch réclame que les crimes du M23 soient jugés (12 décembre 2014)
  3. Trafic d'uniformes militaires à l'Est : Monusco et FARDC, la gaffe (28 novembre 2014)
  4. Deux officiers FARDC retrouvés morts : la Société civile du Nord-Kivu accuse l'armée rwandaise (19 septembre 2014)
  5. Nord-Kivu: accrochage entre militaires congolais et rwandais à Kabagana (11 juin 2014)
  6. CPI : les juges confirment les charges contre Bosco Ntaganda (9 juin 2014)
  7. La RDC s'apprête à lancer l'exploitation du gaz méthane du lac Kivu (28 mai 2014)
  8. Le mandat de la Monusco prorogé jusqu'au 31 mars 2015 (28 mars 2014)
  9. Mystère sur les revenus du cuivre congolais malgré la hausse de la production (3 mars 2014)
  10. Le procureur de la CPI accuse Bosco Ntaganda de crimes « ethniques » en RDC (10 février 2014)
  11. Amnistie 2014: l'ONU applaudit, les Congolais dubitatifs (6 février 2014)
  12. Les révélations se multiplient sur le pillage des richesses de la RDC (5 février 2014)
  13. Pas d'accord de paix avec les rebelles vaincus du M23, dit le gouvernement congolais (12 novembre 2013)
  14. Il n'y aura pas d'accord entre la RDC et le M23 à Kampala mais plutôt une déclaration, selon Mende (6 novembre 2013)
  15. Les FARDC reprennent au M23 la colline stratégique de Mbuzi (4 novembre 2013)
  16. Les FARDC libèrent Bunagana, le dernier bastion des rebelles du M23 (30 octobre 2013)
  17. Les FARDC prennent le contrôle de Rumangabo, le M23 en fuite (28 octobre 2013)
  18. Les FARDC délogent le M23 de Rutshuru-centre après Kiwanja et Kibumba (27 octobre 2013)
  19. Nord-Kivu: après Kibumba, les FARDC récupèrent la localité de Kiwanja (27 octobre 2013)
  20. Nord-Kivu: les FARDC délogent le M23 de Kibumba (26 octobre 2013)
  21. Nord-Kivu: les FARDC contrôlent le centre de Kibumba après avoir repoussé le M23 (25 octobre 2013)
  22. Rançon de la distraction au Palais du Peuple: arrivée massive des Rwandais à Rutshuru (2 octobre 2013)
  23. La société civile du Nord-Kivu opposée à l'intégration des rebelles du M23 au sein des FARDC (20 septembre 2013)
  24. Mende: « la RDC a la responsabilité de protéger la population » face aux « menaces d'entrer en guerre » du Rwanda (30 août 2013)
  25. Konde Vila-Kikanda accuse le Rwanda de « véritable casus belli » avec les obus tirés sur Goma « à partir de Rubavu » (27 août 2013)
  26. Les obus tombés à Goma seraient partis du Rwanda, selon le vice-gouverneur du Nord-Kivu (23 août 2013)
  27. La RDC demande au Rwanda d'arrêter des officiers du M23 sur son territoire (26 juillet 2013)
  28. Réunion au Conseil de sécurité de l'ONU sur la région des Grands Lacs (25 juillet 2013)
  29. Les Etats-Unis demandent au Rwanda de retirer son personnel militaire de l'est du Congo (23 juillet 2013)
  30. Les déboires de Paul Kagamé et l'espoir pour le Congo (20 juillet 2013)


TV Congo Radio en ligne Radio en direct

 

Faites Congo Planète votre page de démarrage | Nous contacter | Qui nous sommes | English Edition | Version en Anglais

© 2017 CongoPlanete.com. Tous droits réservés.